Voiliers d’Indochine, marine en bois

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Voiliers d’Indochine par J. B. Piétri, pour les amoureux de la marine en bois. 

   Voiliers d'Indochine livre rare de J.B. Piétri J. B. Piétri, contrôleur des Pêches de l’Indochine, livre dans son Voiliers d’Indochine une passionnante étude exhaustive sur la marine en bois à travers les embarcations de pêche qui ont sillonné la mer de Chine du Sud, du golfe du Tonkin au golfe de Thaïlande soit de l’Ile de Haïnan à celle de Ko Kut, jusqu’il y a une soixantaine d’années encore.

Très documenté et très technique, avec planches et hors texte de l’auteur, l’ouvrage historique sur la marine en bois reste d’actualité pour tous les amoureux de la marine et de la voile moderne. Voiliers d’Indochine intéresse même le néophyte qui, s’il saute un mot sur quatre, peut trouver dans le glossaire complet qui ferme l’ouvrage les éléments manquant à sa connaissance. Tout lecteur (certes aimant un peu la mer à la base) découvre et admire avec J.B. Piétri l’Art des constructeurs de tant de bateaux de pêche particuliers à cette région, pourtant plus connue pour son agriculture.

Dans Voiliers d’Indochine J. B. Piétri décrit les spécificités de chaque type d’embarcation – sampans, jonques, koupangs, flûtes, chalutiers et autres- selon les régions et leur destination, depuis le choix du bois et de la matière des voiles jusqu’aux détails de construction, voilure, mâture, pouliage, agrès, appareils à gouverner, dérives, ancres, appeaux, embarcations de servitude, dispositifs de mise à l’eau, calfatage… Il parle des relations de l’Homme à la nature et au sacré tout en démontrant le savoir-faire exceptionnel des « autochtones » dans ce qui était alors une colonie française. L’auteur compare également l’objet de son étude aux voiliers de l’océan Indien.

J. B. Piétri agrémente son texte de dessins certes destinés aux spécialistes mais très beaux au yeux du profane que je suis. Et les silhouettes des diverses embarcations qui pêchaient dans les années 40/50 du siècle passé ont réveillé ma mémoire d’adolescente des années 60.

                                                                                 Voiliers d'Indochine livre rare de J.B. Piétri Une embarcation de Phu Quoc

Je n’irai pas jusqu’à dire que Voiliers d’Indochine se lit comme un roman par tout lecteur, pourtant je me suis régalée et il m’a plu de trouver dans le glossaire un lien avec la Normandie qui donna au créole de La Réunion bon nombre de richesses de vocabulaire.
Aussi ai-je vu, quand à Saint Denis nous fermions le « barrot » (ou portail du jardin), qu’ à y regarder de près c’était une construction en bois d’une poutre et de couples. Et j’ai appris que le barrot était un petit bau, ou poutre courbe, maintenant l’écartement des couples sous le pont…

Voiliers d'Indochine livre rare de J.B. PIétri

Pour la « moque », boîte de conserve évidée (lait concentré sucré) qui notamment servait de mesure au riz et au sucre vendus en vrac, je ne vois pas comment elle serait née d’un « bloc de bois de forme lenticulaire servant à rider les haubans » ! Même incompréhension pour la varangue. Mais les mots naviguent, se métissent et échouent sur une nouvelle terre où ils changent de vie.

                                                                                          Voiliers d'Indochine livre rare de J.B. PIétri Un sampan

  • Voiliers d’Indochine par J. B. Piétri, contrôleur des Pêches de l’Indochine,Edition : Société des Imprimeries et Librairies Indochinoises Saïgon 29 septembre 1949. In-folio (37,5 x 28,2 cm) 130 pages. Page de couverture originale enlevée lors de la reliure pleine peau cuir fauve. Couverture en bon état, intérieur parfait état avec dédicace du frère de l’auteur qui « ayant participé aux recherches pour la réalisation de ce livre » a « l’autorisation » de (son) frère « de signer cette dédicace » -en omettant de nommer le bénéficiaire !

 

2 commentaires sur “Voiliers d’Indochine, marine en bois

  1. C’est un livre tres intéressant et surtout on a exactement les 4 jonques tradtionelles à voiles dont on parle dans ce livre dans la baie d’Along

  2. Merci de votre commentaire;je ne savais pas qu’il y avait encore des jonques traditionnelles telles que celles décrites dans cet ouvrage.

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