Paasilinna, Sharpe et Martinez : du merveilleux

Lu de-ma bibliothèque

Paasilinna, Sharpe,Martinez, une littérature du merveilleux

Arto Paasilinna, Tom Sharpe, Carole Martinez : une littérature du merveilleux au sens propre du terme, c’est-à-dire pas du tout pour petites filles nourries au conte de fées… J’ai récemment découvert grâce à mon ami Chester le rat de bibliothèques, « La forêt des renards pendus », « Mêlée ouverte au Zoulouland » et  « Le Cœur cousu ».  Quels voyages magiques !

Nicolaï Dronnikov sans titre, village du grand Nord
Huile de Nicolaï Dronnikov

C’est l’histoire d’un truand qui a piqué le fric de ses complices qui croupissent en prison. Comme ils ne vont pas tarder à sortir, il s’enfuit au fin fond de la Laponie dans une cabane en ruines. Comme par hasard vont converger là, et en faire un « palace » : un officier de l’armée finlandaise, ivrogne envoyé au frais plutôt qu’en prison militaire, et une brave vieille fugitive de la prison-maison de retraite où elle a été enfermée de force . Ces gaillards vont vivre une vie merveilleuse agrémentée par la venue de deux dames dites  » de petite vertu  » jusqu’au jour où…

Le tout est pétillant, dans une écriture douce et acide à la fois. Un bon champagne quoi ! Comme les héros dans la cabane, l’on entre dans la première page et l’on n’en repart pas, même après avoir refermé la porte derrière soi.  A s’en pourlécher les babines.

Autre lecture délectable et explosive, éclatante, celle de « Mêlée ouverte au Zoulouland » de Tom Sharpe. J’avais bien aimé  » Wilt 1″» et  » Le gang des mégères apprivoisées », mais rien à côté de celui-ci. J’ai plongé dans la mêlée et, le souffle coupé, je suis sortie de l’aventure hachée en tartare, comme les héros de ce polar (?) si expressif. Miss Hazelstone nous assène un grand coup comme au Kommandant Van Heerden et à ses acolytes alcoolisés mais on en redemande aussitôt le KO passé. Quelle écriture réjouissante ! Attention : esprits politiquement corrects s’abstenir !

Enfin, dernière grande émotion : envoûtement et transport avec le roman  » Le Cœur cousu  » de Carole Martinez. Tout au long d’une traversée de vies, chaque ambiance s’incruste dans le cœur du lecteur…Inracontable et inoubliable.

Ne pas hésiter à s’abandonner aux fantasmes qui curieusement ramènent l’esprit à la réalité, se laisser porter par le souffle, tantôt doux, voire mou, tantôt violent qui anime Frasquita Carasco… et suivre de très près les nombreux futurs enfants de sa génitrice Carole Martinez.

Le tableau illustrant l’article est de Nicolaï Dronnikov, sans titre, années 80.

2 commentaires sur “Paasilinna, Sharpe et Martinez : du merveilleux

  1. Chester est mon alter ego, un charmant rat de bibliothèque aux narines et oreilles frémissantes, qui dévore quantité de livres et vous réserve encore d’autres plaisirs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *