C’est l’histoire d’un mec falot à déguster l’été

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Un mec falot à déguster l’été, merci qui ?

C’est l’histoire d’un mec falot, inconsistant, immature, insensible à la vie, qui la traverse  » machinalement  » parce que sacrément  verni dès sa naissance.  Je ne résiste pas à reparler de lui en ces temps estivaux où l’on aime rester à la fraîche derrière des volets clos.  l est beau et con à la fois, comme aurait aimé l’être Jacques Brel ne serait-ce qu’un jour, se laisse porter par les évènements, ne se prend jamais en main, bref un ectoplasme, comme dirait Archibald Haddock.

Bien sûr, il est adoré par la gent féminine, en particulier par une maîtresse femme, véritable femme de pouvoir qui ne réussira cependant pas à changer son héros ni à obtenir de lui ce qu’elle voulait profondément  depuis la première fois où ses yeux se sont posés sur le bel enfant. Par moments l’on voudrait bien guider  ce mec falot, beau brun aux yeux de braise encore tout frais sorti de l’oeuf !

Las ! C’est une jeune ignorante, faussement modeste, pétrie de principes moraux, religieux et sociaux qui parviendra, à la fin du roman long de plusieurs centaines de pages, à faire vibrer le bel homme. L’issue est rapide et bâclée mais, ô combien ! romantique.

Le style de ma phrase ne peut pas vous aider à retrouver le titre de cet ouvrage ; c’est un grand classique de la littérature française, un de ses chefs d’oeuvres,  que je viens de relire d’une traite, plaisante escapade estivale, alors qu’il m’avait  » bassinée  » pour reprendre un terme de son époque, lorsque, adolescente, je l’avais lu de force… programmes scolaires obligent.

Pourtant, l’auteur,  écrivain adulé par une grande partie de l’intelligentsia des 19 et 20èmes siècles, ne se prive pas de certaines négligences de style, allant  jusqu’à utiliser la première personne du singulier au cours du récit ;  il multiplie les erreurs de toponymie et de graphie en italien, lui qui vécut dix-huit ans dans les Etats de la péninsule, les imprécisions et incohérences que Victor del Litto, dans sa préface et notes de l’édition Livre de Poche, appelle joliment  » inadvertances ».
Malgré cela, l’ouvrage se lit « comme un roman »; si l’on se sent midinette, c’est  midinette consciente et sans complexe,   il remplace avantageusement les magazines des vacances que l’on lit goulûment parce que l’on n’a rien d’autre sous la main.

Pas d’excuse : dans toute maison familiale  il traîne toujours une  Chartreuse de Parme !  Si vous ne l’aviez pas particulièrement apprécié, si vous l’aviez lu  » négligemment », n’hésitez pas à le reprendre en main, c’est une bonne surprise ! Cela donne envie de relire les autres Stendhal.

 

 

 

 

 

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