Un cassoulet par le train, conte de Noël

L'air du temps
Pony Express
Plus vite que le train ...

J’avais envie d’aller manger un cassoulet pour les fêtes,  histoire de changer des plats traditionnels ou socioculturels de commande. Quelle est la capitale du cassoulet ? Castelnaudary, of course ! Donc je me décide à consulter les trains pour Castelnaudary au départ de Marseille.

C’’est sur la ligne Bordeaux-Marseille que je prends de temps en temps et qui est franchement minable : vieux wagons camouflés sous une peinture chèrement payée à une célébrité parisiano-provinciale, peinture qui part déjà en lambeaux d’autant que ces wagons ne sont jamais nettoyés extérieurement… et rarement à l’intérieur. La preuve : dans deux voyages sur trois, en seconde comme en première, les toilettes sont inutilisables dès le départ du terminus ;  j’ai fait les photos des seules « utilisables » sur quatre wagons lors d’un déplacement en septembre ; je ne suis pas allée plus loin que deux wagons en tête et deux en queue car les balancements des amortisseurs ou des boggies  sont tels que l’on manque fréquemment de tomber, ce qui est toujours embêtant pour une vieille dame comme moi.

Malgré cela je décide d’essayer d’aller manger un cassoulet à Castelnaudary pour les fêtes de fin d’année 2011. Autrefois  de nombreux trains des grandes lignes s’arrêtaient en gare de cette bourgade sans charme excessif mais économiquement industrieuse (« Comme c’est loin tout ça », dit Captain Cap qui aime le cassoulet).

Petit à petit il n’y a eu que deux ou trois « Théoz » par jour (Théoz décrit plus haut) avec des trajets Marseille-Castelnaudary en moins de quatre heures. Correct pour ceux qui peuvent contenir leur vessie. L’an dernier déjà, quelques curiosités sont apparues dans les horaires et trajets ; voilà qu’aujourd’hui, sous prétexte de travaux sur les voies et de cadencement généralisé, Castelnaudary n’est plus desservie que par des trains locaux. 

Cela donne, pour le passager de Marseille, au mieux trois changements avec des types de trains différents dont un parcours en TGV ! Oui, oui ! TGV, dixit sans vergogne la SNCF…Des montées Marseille-Avignon, descentes sur Nîmes, dans un sens ; dans l’autre, des plongées vers Toulouse pour un demi-tour vers l’Est…

Les temps du parcours varient de 4h28 ou 4h52 pour les plus rapides à 5h14 durée moyenne jusqu’à 8h45 en train de nuit ! On se demande l’intérêt du train de nuit pour un trajet Bordeaux Marseille dans lequel on ne sert aucun cocktail Allaisien ! (trajet : 353 km par route).

Quant aux tarifs, ils varient de 61 à 86 Euros pour les clients normaux. Sont « normaux »  tous ceux qui paient normalement le train. Et tous ceux qui paient normalement le train sont des… CLIENTS!  Les « usagers », ce sont les pistonnés, ceux qui ont un aïeul qui a travaillé à la SNCF, qui y ont fait eux même leurs 15 ans de service ou encore les catégories qui peuvent prétendre à une réduction après avoir acheté la carte de leur catégorie. Nous sommes des clients de la SCNF, qui devrait en tenir compte dans sa politique d’exploitation commerciale.

Est-ce ainsi qu’Allah est grand, M. Vialatte ? En tout cas, c’est ainsi que les embouteillages routiers se développent et que je renonce à mon cassoulet de Noël.

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