Articles à la une »

28 juin 2019 – 16 h 48 min |

Iran/Etats-Unis 1979 : Falstaff chez Khomeini de John Graves, otage
Iran/Etats-Unis 1979. Des étudiants islamistes retiennent en otage des personnels de l’Ambassade des Etats-Unis à Téhéran. La nouvelle fait le tour du monde en quelques secondes …

Lire l'article complet »
Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

L'air du temps

Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

A vendre livres Vieux papiers

Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

Inédits ou épuisés en ligne

Des ouvrages inédits, ou épuisés comme le roman "Le feu sacré", roman d'aventure initiatique sur le feu de forêt à lire sur votre écran.

Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

Accueil » Articles à la une, Lu de-ma bibliothèque

Iran/Etats-Unis 1979 : Falstaff chez Khomeini de John Graves, otage

Soumis par sur 28 juin 2019 – 16 h 48 min

Iran/Etats-Unis 1979 : Falstaff chez Khomeini de John Graves, otage

Récit d'un otage américain en Iran en 1979

Affiche 1979 mort à l’Amérique

Iran/Etats-Unis 1979. Des étudiants islamistes retiennent en otage des personnels de l’Ambassade des Etats-Unis à Téhéran. La nouvelle fait le tour du monde en quelques secondes C’est pourquoi « Falstaff chez Khomeini », l’autobiographie de feu John Graves, otage américain d’étudiants islamistes iraniens du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981, est passionnante à relire en ces temps de guerre larvée entre l’Iran et les Etats-Unis. 

John Graves, victime des relations Iran/Etats-Unis en 1979    

« Falstaff chez Khomeini », cet épisode historique des relations Iran/Etats-Unis en 1979, a été publié en français en 1994 aux Editions Tirésias après que l’Administration américaine, avant de le mettre à la retraite anticipée, a conseillé à son diplomate (1) « de ne rien publier ». Il a bien compris : rien en anglais ni dans son pays…« De toutes façons, ses notes ont toujours écrites en français car John Graves était d’une grande culture française ; il aimait tant la France qu’il choisit d’y passer sa retraite.  (Jai bien connu la famille Graves, dont une partie est ma fratrie de coeur) .

« Falstaff chez Khomeini » se veut une « oeuvre de fiction ». John Graves nous affirme avoir « toujours eu une mémoire faible », que ses notes de captivité ont été volées à sa libération, qu’il n’a donc pu utiliser que les quelques mots et dates « griffonnés sur du papier dissimulé dans les plis de ((ses)) testicules » pour écrire son récit « Falstaff chez Khomeini ».

Il confesse être un « fantaisiste né, un grand jouisseur de la vie, un fabulateur rabelaisien », mais il se dit aussi « traître, menteur, moqueur, blasphémateur, farceur », cependant toujours « puni de ((ses)) infamies« . Il aurait pu ajouter : « curieux comme un chat » puisqu’il observera autant que possible tout ce qui l’entoure malgré ses yeux bandés, ses mouvements entravés, son interdiction de parler, son isolement même.  de 

 Iran/Etats-Unis 1979 : confusions bilatérales   

De cette prise d’otages à l’Ambassade des Etats-Unis en Iran en 1979, l’on n’a que des versions officielles allégées et édulcorées ou des rumeurs de sources « généralement bien informées »…Avec John Graves, le lecteur entre totalement dans le récit de ces 444 jours d’une détention particulièrement dure. Et la curiosité d’esprit, la finesse d’analyse, l’understatment et le courage de l’auteur en font un ouvrage enrichissant, avec des vérités, parfois inconsciemment dévoilées ou volontairement mal cachées, et les fruits savoureux de sa fine analyse politique. (2)

marg bar amrika death to shah (mort à l’Amérique, mort au Chah)

Falstaff/Graves livre, dès son premier chapitre, des informations « fictives »‘ plus vraies que nature. Il constate la relative bonhommie, aux premiers jours de leurs gardiennage, des étudiants islamiques, partant suivre leurs cours dans la journée et confiant  » la boutiques aux femmes », … qu’il aide à faire leurs devoirs d’anglais ! Puis la situation s’assombrit sous les pluies de « marg bar amrika » (« mort à l’Amérique ») ; l’on sépare les otages par catégories et le voilà à l’isolement : John Graves est considéré comme un espion important. Il met aussitôt en place sa stratégie de survie : se fixer des buts quotidiens tels manger, se tenir propre, ne bloquer ni ses intestins ni ses voies urinaires, faire de l’exercice…

L’on devine également au récit de John Graves que cette « ambassade du grand Satan » est physiquement constituée de plusieurs sites distincts -de nombreux otages seront déménagés en divers points à l’intérieur de l’Ambassade au cours de leur captivité , que ses effectifs sont pléthoriques, aussi bien américains qu’iraniens (souvent Chrétiens Arméniens qui, pense-t-il, seront ceux qui souffriront le plus)… ce qui peut expliquer le faible niveau d’inquiétude des otages aux premiers moments de cette attaque et l’absence de résistance d’éventuels services de sécurité américains.

Voici un lien (document INA) du journal de 20 heures le 4 novembre 1979 présenté sur Antenne 2 par Léon Zitrone. 

<iframe width=’100%’ height=’100%’ frameborder=’0′ marginheight =’0′ marginwidth=’0′ scrolling 

Iran/Etats-Unis 1979 : du canular à un acte de guerre

Des flottements dans la gestion de leur gardiennage lui révèlent les incertitudes, et du gouvernement, et des preneurs d’otages, même si tout le monde est rassemblé derrière une revendication essentielle : que « les Etats-Unis livrent le Chah » réfugié chez eux pour des raisons médicales, raisons auxquelles même notre otage ne semble pas croire.

Rapidement, cependant, le mouvement s’emballe avec l’envahissement de la Chancellerie, le ligotage des mains et bandages des yeux des diplomates avérés, l’utilisation de la tribune télévisuelle … Qu’est-ce qui a fait basculer ce qui semble un canular aux yeux de notre auteur en drame international ces 5 et 6 novembre 1979 ? Tout à coup, l’électricité palpable incite Falstaff/Graves à « éviter » des échanges ratiocineurs entre otages et étudiants pour ne pas aggraver encore la situation.

 Iran/Etats-Unis 1979: une révolution islamique en construction

Voici un document daté de 1979 de RFI et d’une Radio nationale française retraçant la révolution islamique https://youtu.be/6Tmf9plHHFM

reraçant e Il se demande qui est l’instigateur de cette action, si le Premier Ministre Mehdi Bazarghan et le conseiller de Komeini, Sadegh Ghotbzadeh, (3) étaient au courant… Aux premiers instants de l’affaire, tandis que le Chargé d’Affaires se rend chez le Premier Ministre avec qui il entretenait de bons rapports, pour essayer de comprendre, John Graves préfère ne pas aller chez son dentiste pour voir « ce qui se passe » !

Dans ce récit d’otage américain en Iran en 1979 l’on plonge dans l’instabilité politique que l’instauration de la République islamique du 1er avril n’a pas calmée, et l’auteur nous rappelle, en décrivant les preneurs d’otages et leurs échanges verbaux, les luttes entre deux factions religieuses, l’une proche d’une monarchie constitutionnelle dite moderniste, l’autre « communisante ».

Bon nombre de responsables du régime, de parents de révolutionnaires, quémandaient des visas pour « le Grand Satan ». C’est d’ailleurs en fermant le service des visas au premier jour de l’envahissement de leur Ambassade, que les américains pensent faire plier les étudiants islamistes révolutionnaires. Ces étudiants, qui crient « Mort au Chah, mort à l’Amérique, Yankee go home », combien ont été formés aux Etats-Unis ? Combien cherchent-là une plate-forme publicitaire pour se faire un nom, comme « Phildelphia Mary » ou d’autres (4), note notre otage. Et Khomeini, quelle est sa position face à ce mouvement « spontané » d’une frange de ses étudiants ? Nous savons que Khomeini n’approuvera officiellement que plus tard cette prise d’otages qu’il a inspirée.

Iran/Etats-Unis 1979 : les conditions empirent pour les otages 

Déménagement dans une autre partie de l’Ambassade où il retrouve du personnel subalterne mais des conditions déjà un peu plus dures : mains menottées, yeux bandés, sol en guise de lit, interdiction de parler. Entre otages ils ne s’en priveront cependant pas quand ils le pourront.. Pour la première fois un étudiant pointe un pistolet mitrailleur Uzi (5). John Graves raconte sa peur : d’être livré à une foule en délire, de ne plus pouvoir uriner, d’être décapité…Mais il est décidé à sauver sa peau et va même jusqu’à signer une pétition demandant l’extradition du Chah dont il sait « qu’elle ne vaut rien de toutes façons ». Parler sous la torture ,? « S’il le faut ! Comme la plupart des militaires et des diplomates je ne savais rien qui, divulgué, compromettrait vraiment la sécurité américaine. Un tas de trucs embarrassants, oui. Mais rien de grave. » Et d’évoquer la pratique de la torture sur leurs prisonniers par les forces américaines où il a servi lors de la guerre du Viet-Nam, tortures tout autant inéluctables qu’inutiles, se dit-il.

Iran/Etats-Unis 1979 : John Graves change 30 fois de geôle 

Pourtant oui, John Graves marqué comme espion subira un traitement différent de ceux des autres otages : isolement, interrogatoires, privation de mouvement, de vue, de parole, une torture qui aurait même pu aboutir à la mort s’il n’avait pas eu de la chance. Une trentaine fois durant ses 444 jours de détention il sera déménagé dans plusieurs demeures d’anciens bourgeois de Téhéran qui ont quitté le pays, dans des prisons dont celle de la SAVAK, dans diverses villes et dans le désert où il sera victime d’un accident qui ressemble à une tentative d’assassinat. Aujourd’hui, où cela se pratique couramment dans les zones de conflit, l’on penserait qu’il est passé des mains d’une faction à celles d’une autre…

Falstaff/Graves comprend au commencement de sa captivité que les otages sont la monnaie d’échange, une monnaie à maintenir en bon état. C’est ainsi qu’il interprète la visite que leur a fait, au début de l’affaire, le fils de l’ayatollah Khomeini. Il est venu s’assurer qu’ils étaient bien, il veut que leur santé soit protégée, qu’ils soient soignés si besoin. Et qu’ils le disent dans leurs apparitions télévisuelles et courrier. Cela renforce l’idée de Falstaff/Graves que des négociations son en cours et qu’ils vont bientôt être relâchés. Aussi, lors d’un premier déplacement hors de l’Ambassade se voit-il emmené à l’aéroport. Mais non ! C’est une nouvelle prison ! Il ira de maison d’opposants fuyards ou assassinés, en prisons de l’ancien régime, d’édifices délabrés en palais impérial…

Dans l’intimité de John Graves, otage 444 jours 

John Graves raconte humblement sa peur, ses peurs avec beaucoup d’humour et d’autodérision, ses « pensées positives » qui lui permettent de rêver et de reprendre des forces. Mais surtout il analyse la situation sur laquelle il n’a pourtant aucune information de l’extérieur. C’est ainsi que sous les bombes, à Téhéran, il comprend immédiatement que les armements sont de bonne qualité mais mal utilisés ce qui, conclut-il, signifie que les Irakiens bombardent l’Iran. Il apprendra plus tard que c’était en effet le premier jour de la guerre Iran/Irak ! « Et cela donne au lecteur un repère temporel puisque la guerre a commencé le 22 septembre 1980..

Falstaff/Graves ne reçoit que peu de courrier de sa femme et sait bien que celui qu’il lui envoie ne doit pas toujours partir car il défie le diktat des preneurs d’otages et n’écrit pas qu’il est particulièrement bien soigné ni qu’on prend grand soin de lui. Les geôliers font chou blanc avec notre « conseiller pour l’information et la culture » aguerri. John Graves réussit quand même à envoyer des messages codés à « Cathy » pour lui demander de joindre ses amis algériens afin qu’ils interviennent auprès des iraniens. (John Graves a été en poste en Algérie et, comme dans tous ses postes, a noué de bonnes relations, et professionnelles et amicales, avec les citoyens). Aussi, verra-t-il de bonne augure la visite d’un diplomate algérien avec qui il parlera en français au nez et à la barbe de ses geôliers. Et qui leur apprendra qu’il y a bien des négociations en cours.

Iran/Etats-Unis 1979 : je ne quitterai jamais l’Iran

Lorsqu’il est regroupé avec d’autres, autorisé à téléphoner à son épouse, il commence à croire aux nombreux « quand vous rentrerez chez vous » de ses gardiens. Il ne lâche cependant pas la proie pour l’ombre et reste préparé à la mort : »je ne pense plus à demain, j’accepte, sans y penser vraiment, que tôt ou tard il y aura un accident mortel. Je ne quitterai jamais l’Iran…La vraie, la meilleure astuce du prisonnier pour s’en tirer, c’est vivre le présent, pas de demain, pas d’hier. Il n’y a qu’aujourd’hui », confie Falstaff/Graves à son journal. Un aujourd’hui ponctué d’exercices physiques et de plaisirs simples comme de d’utiliser des toilettes propres (il se mettra plusieurs fois de corvée de nettoyage de son plein gré), apprécier les repas de dattes, pain et yaourt iraniens plutôt que les nourritures industrielles pillées à l’Ambassade qui leur sont servies par les geôliers. Autre plaisir nécessaire: la constitution d’un petit trésor : du fil (pour ses dents) un clou, de la corde à linge, une pierre rugueuse comme taille crayon, un crayon papier, un bol, une cuillère, des bouts de savon … Trésors sans cesse confisqués lorsqu’on le déménage, à reconstituer dans un nouvel environnement. Sauf son journal qu’il porte bien attaché sur lui et qui ne lui sera enlevé que juste avant de prendre l’avion. Ses billets cachés dans son slip, eux, échapperont aux fouilles iraniennes.

Iran/Etats-Unis 1979  les otages n’ont aucune information sur l’extérieur

Les rares fois où il se projette dans l’avenir il se dit que « vieux fauteur de troubles », à son retour l’Administration le jettera à la porte. Mais son « Ne t’en fais pas », refrain répété comme une scie, le sauve à chaque fois. Otage à Téhéran en 1979 John Graves dessine les rouages de l’Administration et de la politique des Etats-Unis envers l’Iran, politique encore actuelle de nos jours !

Un jour que la situation lui semble compliquée rien qu’à la nervosité des geôliers entre eux, on lui annonce son n-ième déménagement. Il songe à leur libération mais, rapidement déçu, il note : « les otages servent bien à galvaniser les foules contre le vieux régime », Comme John Graves sait établir des relations confiantes avec les autres, (c’est son essence, et sans arrière pensée) il échange avec ses gardiens les plus ouverts. Cependant, cette fois-ci personne ne peut lui explique la haine violente et brutale qu’il ressent parmi les gardiens de la révolution à l’encontre de Jimmy Carter. (6)

Iran/Etats-Unis 1979, les conditions de vie des otages s’améliorent   

Il fait sans cesse travailler son cerveau sur ce qu’il ressent, voit, entend. Ainsi il se retrouve une fois à NIAVARAN, l’ancien palais du Chah. Pas du tout dégradé, s’étonne-t-il. Les foules en délire ne l’ont pas pillé (même quand il a les yeux bandés, il sait déplacer une infime partie du foulard pour apercevoir un peu son environnement sans que ses gardiens ne s’en aperçoivent). Il est intrigué par un grand portrait d’Ali Shariati (7). Qui a logé là ?. Mojahedin e Khalq, lorganisation des moudjahiddines du peuple iranien ?

Le 4 mai -seule date qu’il donne- John Graves est brutalement embarqué. Il ne le sait pas mais il va faire huit mois de désert, dans des conditions très dures, à l’isolement complet, subissant régulièrement des interrogatoires… jusqu’à un accident lors d’un transferrement qu’il analyse comme une tentative d’élimination discrète. Il joue de ses nombreuses blessures osseuses pour être envoyé dans n’importe quel hôpital, mais en vain. Il est cependant touché assez gravement à la colonne vertébrale. Ce qui pèsera dans la suite de sa détention. Les yeux toujours bandés, son ouïe et son odorat lui font deviner les villes où on l’héberge : Yezd, Ispahan, Qom, les bâtiments de la SAVAK…

Iran/Etats-Unis 1979 : on leur souffle le chaud et le froid  

Retour à Téhéran au bout de longs mois, il a la surprise d’être mis avec d’autres otages dont des collègues considérés comme lui comme de grands espions par les iraniens. Ils échangent librement sur la politique américaine ; Falstaff/Graves apparaît comme un « gauchiste » ! Ils sont mieux traités, ont accès à des livres que les étudiants, leurs gardiens, leur apportent. Mais de tristes Noël et premier de l’An leur font songer à la fin : »les comités Khomeini, ou le tribunal révolutionnaire, ou le peloton d’exécution vont venir nous chercher… » Au point qu’il glisse une lettre destinée à son épouse dans son linge personnel espérant qu’à leur mort ils enverront les effets personnels des otages à leur familles.

Iran/Etats-Unis 1979 :  libérés avec l’aide de l’Algérie  

Puis vient l’épisode des prises de sang… Pourquoi ? Un des gardiens avec qui il est assez libre lui dit que c’est la procédure avant leur libération. Ce que lui confirmera un médecin maghrébin en français : « je crois savoir que vous allez quitter l’Iran cette nuit ». Les otages sont alors propulsés sur un plateau de télévision animé par « Philadelphia Mary, devenue la Anne Sinclair de la télé iranienne », note-t-il. Thé, petits gâteaux et retour dans leurs habitations. D’un accord tacite la vie reprend comme la veille, on ne sait jamais ! La différence c’est qu’il échangent très librement avec leurs gardiens étudiants sur les différences de civilisation entre l’Iran et les Etats-Unis.

Brutalement, on les prie de se préparer et de ne prendre que le strict minimum ; ils réclament leurs biens confisqués au début de la prise d’otages (montres, etc.) mais seules des chaussures leur sont rendues. Falstaff /Graves met son manuscrit dans sa valise avec l’espoir qu’elle sera expédié aux Etats-Unis après leur départ. Il s’assure que ses notes sur papier pelure sont au frais au plus intime de lui-même. On leur bande les yeux et ….ils se retrouvent en vol. Ce n’est que lorsque l’avion quitte l’espace aérien iranien, qu’il se sent enfin soulagé. Une escale à Athènes pour refaire le plein ? John Graves comprend alors que la guerre Iran/Irak bat son plein. Alger, accueil chaleureux qui permet aux algériens « d’avoir leur moment de gloire bien méritée », souligne-t-il à ses petits camarades. Puis avion-hôpital jusqu’à Wiesbaden. Difficultés à dormir sur un lit et de porter des chaussures fermées.

C’est sûr que les services psychiatriques de l’armée y voient un grand trauma ! Je passe sur l’entretien privé avec Cyrus Vance, la réunion de famille à West Point, l’invitation à la Maison Blanche par Ronald Reagan et le couperet de l’Administration qui va se séparer de ses anciens serviteurs…

– Ne t’en fais pas, dit « le Vieux » à « la Moze » en débouchant un excellent Bourgogne, on va être heureux à la case !

John Graves 16 mai 1927 – 27 avril 2001.

To  Earl, Luz et Meg principalement.

Je remercie les Drs Bernard Durand (MRS), David Brassat  et Romain Dupont (TLSE), ainsi que Laurie Bousquet et Karine Larbi grâce à qui j’ai pu réécrire. 

https://youtu.be/sqemXVtZg4w  Un peu de rap contemporain iranien qui en appelle à Dieu  car dans  » la jungle de l’asphalte » on est juste un déchet.

NOTES:

(1) Conseiller d’Ambassade pour l’Information et la Culture, dit sa carte de visite officielle d’alors.

(2 On relie le fil de l’histoire bilatérale bien antérieure à l’avènement de Kohmeini et la haine vouée aux américains à la situation en 2019. 

(3) Sadegh Ghotbzadeh deviendra Ministre des Affaires Etrangères quelques jours après la prise d’otages.

(4) Selon Le Monde.fr |du  30.06.2005 : « Plusieurs anciens otages américains détenus 444 jours dans l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran lors de la révolution de 1979 ont affirmé, jeudi, que le nouveau président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, faisait partie des meneurs étudiants qui les ont interrogés. A Téhéran, deux des organisateurs de la prise d’otages ont démenti que ce dernier ait été impliqué dans l’opération ». Les autorités américaines ont décidé de mener leur enquête sur les graves accusations portées contre le nouveau président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a indiqué, jeudi 30 juin, le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan. « Le nouveau président iranien est un terroriste », a déclaré au Washington Times le colonel à la retraite Charles Scott, ex-otage à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979. « C’était lui, l’un des deux ou trois chefs », se remémore-t-il. Ce témoignage est conforté par celui de deux marines chargés de la surveillance de l’ambassade. Ancien de la Navy, Donald Sharer se souvient de Mahmoud Ahmadinejad comme d’un « individu cruel et partisan de la manière forte ». « Je savais qu’il était un interrogateur », poursuit-il, assurant avoir été soumis une fois à un interrogatoire mené par le nouveau président. Kevin Hermening était âgé de 20 ans au moment des faits. Affecté à la sécurité de l’enceinte diplomatique, il dit avoir été en contact avec M. Ahmadinejad aussitôt après l’invasion du bâtiment. « Il a participé à mon interrogatoire le jour même où nous avons été pris en otage », dit-il, ajoutant que les Iraniens voulaient connaitre les codes et les combinaisons des coffres-forts.Les spéculations ont été renforcées par le rédacteur en chef étranger de la BBC, John Simpson : « Quand j’ai lu un portrait de lui dans le journal  Tehran Times, j’ai compris d’où je le connaissais : de l’ancienne ambassade américaine à Téhéran. » Pourtant, plusieurs acteurs de la célèbre prise d’otages américains de 1979 ont démenti, jeudi 30 juin, que le président élu Mahmoud Ahmadinejad se fût trouvé parmi eux. »M. Ahmadinejad n’a jamais été l’un des étudiants ‘partisans de la voie de l’imam’ qui ont pris d’assaut le nid d’espions. Il n’a jamais été là », a déclaré une éminente personnalité réformatrice, Mohsen Mirdamadi, ancien parlementaire. Evoquant une photo diffusée sur Internet, montrant un personnage barbu conduisant un otage aux yeux bandés, il estime qu’elle »a peu de ressemblance avec Mahmoud Ahmadinejad ».C’est cette photo qui a semé la confusion. Il n’a jamais été là. Il n’a jamais été parmi nous », a-t-il déclaré. Deux autres preneurs d’otages confirment : « Non, Monsieur, il n’y était pas », abonde Abbas Abdi. »Autant que je sache, il n’était pas impliqué dans la prise de l’ambassade », dit Hachem Aghajari. Les deux hommes sont peu susceptibles de sympathie pour M. Ahmadinejad. Ce dernier est un ancien membre des unités spéciales de l’armée idéologique qui prêche le respect des valeurs islamiques et exalte la « pureté » de la révolution. M. Abdi a été libéré en mai après deux ans et demi de prison pour sa responsabilité dans un sondage disant qu’une très grande majorité d’Iraniens était favorable à une reprise du dialogue avec les Américains. Quant à M. Aghajari, il a été condamné à mort pour « insultes aux prophètes » avant que sa peine soit commuée en prison. Il est actuellement libre. La biographie de M. Ahmadinejad sur Internet le présente comme l’un des fondateurs du Bureau pour la consolidation de l’unité, syndicat étudiant, mais pas comme un « partisan de la voie de l’imam ». Elle ne dit rien sur une éventuelle participation à la prise d’otages. Interrogés, des collaborateurs du président élu ont renvoyé au principe énoncé depuis son élection selon lequel rien d’autre n’est avéré concernant M. Ahmadinejad que ce qui sort de sa propre bouche ou ce qui est publié par communiqué officiel.

(5 ) l’Uzi est un pistolet mitrailleur de fabrication israélienne.

6) Il ignore que des négociations sont en cours à Paris avec la participation du ministre des affaires étrangères Ghotzadeh, (qui était avec Khomeiny en France), que le gouvernement Carter a lancé une tentative militaire pour les libérer — il ne peut donc deviner que les hommes de Reagan vont profiter de cette haine des iraniens à l’encontre de Carter notamment pour reporter la date de leur libération et négocier la libération des otages au Liban. Il ignore également la démission de Cyrius Vance, les échanges entre Beheshti et des mollahs (Beheshti était en exil à Hambourg lorsque Khomeiny était à Neauphle le Chateau. De retour en Iran il est devenu le numéro 2 de la révolution iranienne qu’il a bâtie.)

(7) Ali Shariati 1933 -1977 était un révolutionnaire et sociologue des religions, fondateur avec Ghotzadeh en 1963 du mouvement de libération de l’Iran.

Tags: , , , , , , ,

Laisser un commentaire!

Ajouter votre commentaire ci-dessous, ou trackback à partir de votre propre site. Vous pouvez aussi Comments Feed via RSS.

Soyez gentil. Gardez-le propre. Restez sur le sujet. Pas de spam.

Vous pouvez utiliser ces balises:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 

Il s'agit d'un Gravatar-enabled. Pour obtenir votre propre mondialement reconnu-avatar, s'il vous plaît vous inscrire à Gravatar.

Entrer le code captcha * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.