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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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Soustelle, Le Clézio: des mayas toujours vivants

Soumis par sur 26 avril 2012 – 14 h 44 min

Je relis « Les prophéties du Chilam Balam », version de J.M.G Le Clézio (Gallimard 1976) et lis « Les maya » de Jacques Soustelle (Flammarion 1982).

Depuis son premier voyage au Mexique en 1932, Jacques Soustelle n’a cessé d’étudier et de faire aimer cette civilisation fascinante d’Amérique centrale. Comme Le Clézio qui, depuis 1967, partage sa passion et ses connaissances amérindiennes avec ses lecteurs. Je pensais l’ouvrage de Soustelle obsolète avec l’évolution des disciplines complémentaires de l’archéologie; au fil des pages je me rends compte que l’auteur, magistralement clairvoyant, avait fait preuve d’une grande modestie qui le hisse encore maintenant au premier rang de sa spécialité.

Comme la version des « prophéties du Chilam Balam » (*) de Jean-Marie Le Clézio qu’il faut lire et relire plusieurs fois pour en déguster la substantifique moelle. (Le Clézio est mon écrivain français préféré. Quel style ! Et quels plaisirs de lecture il m’a donnés ! Bien sûr son style ne perce pas dans cet ouvrage-ci pour lequel il est traduttore… et évidemment pas traditore).

Les deux ouvrages traitent du passé maya de l’Amérique centrale, l’un analysant les monuments et vestiges archéologiques, l’autre livrant la transcription de textes sacrés disparus. Pourtant, tous deux nous plongent dans la vie des populations Indigènes du Guatemala, du Mexique et du Honduras actuels. Comme le proclame Jacques Soustelle : «.. le pays qui fut celui des mayas est encore dans une large mesure leur pays : non seulement parce que les monuments en ruine témoignent de leur ancienne grandeur mais parce que leur présence tenace demeure au Mexique et au Guatemala une composante fondamentale de la réalité actuelle ; le labeur patient des paysans Indiens, les dialectes maya qui résonnent d’un bout à l’autre de ce vaste territoire, les traits de maint autochtone vivant qui semble avoir servi de modèle aux sculpteurs des siècles passés, tout évoque l’ethnie maya et rappelle la contribution exceptionnelle qu’elle a apporté à l’héritage commun de l’humanité.»

Et Jean-Marie Le Clézio : « les livres sacrés du Chilam Balam nous rappellent le temps où chaque signe gravé dans la pierre, dans le bois, peint sur le papier d’écorce, parlait un langage magique. Ce langage est perdu, peut être pour toujours. Mais quelque chose pourtant trouble encore, quelque chose frémit et passe comme un nuage, comme une haleine, aux environs de l’écriture. Un fantôme, un souvenir, ou bien est-ce la puissance, l’inaltérable puissance, de la magie de la parole, qui reste encore ici autour de ces signes . »

Le texte est ardu. Le lecteur peut ne pas en finir la première lecture, surtout s’il cherche à le matérialiser, à se le représenter; en revanche, si l’on se laisse bercer, emporter par le rythme, les répétitions, si l’on reçoit son côté mystérieux juste comme un souffle sur le visage, alors le Chilam Balam joue sur l’esprit comme un rituel initiatique et conduit à la ré-invention de la Parole. Pour les mayas, la Parole don des Dieux nomme et fait apparaître les choses, la Parole est Temps. Il ne s’agit pas d’une abstraction : le Temps, calcul et numérotation, est l’Univers des hommes et des dieux. Car, rappelle J.M. Le Clézio dans sa présentation, la pensée maya est celle d’hommes et de dieux soumis à l’ordre du Temps. L’aspect « historique » du « récit » -les invasions de la terre maya puis la rencontre du peuple maya avec l’Occident- permet au « primo-lecteur » de retomber sur terre. Cependant, refermé, il est gravé dans l’esprit comme un texte sacré…à lire un jour en parallèle avec celui, plus connu en Occident, qui s’ouvre par :« Au commencement était le Verbe… »

Pour conclure, je cite Jacques Soustelle :« toute civilisation reflète l’éternel combat de l’homme contre la nature et quelques fois ses victoires… » et plus particulièrement sur la civilisatin maya : si authentique et pure (fut) l’oeuvre de leur esprit et de leurs mains qu’aujourd’hui encore la trace de leur passage sur terre s’impose à nous comme l’un de sommets de l’aventure humaine. »

Soustelle, Le Clézio : à déguster ; et plus encore si vous projetez des vacances sous ces cieux-la.

 

  • (*) Chi =parole, divination. Chilam = chamane, prophète. Balam = jaguar. Il en existe une dizaine nommés selon le lieu de leur découverte, le plus connu est celui de Chumayel. Les prophéties du Chilam Balam ont été rédigées postérieurement à la conquête espagnole ; ce sont des transcriptions au moyen des caractères latins, soit en maya yucatèque soit en espagnol, de manuscrits hiéroglyphes détruits en 1520 par l’évêque Diego de Landa. Ces textes constituent des récits, annales, prophéties du Yucatan qui couvrent depuis les invasions tolteco-itza jusqu’à celles des espagnols, soit presque trois siècles. Parmi les transcriptions en caractères latins de textes mayas détruits par les conquistadors : le Popol Vuh, texte sacré des mayas Quiché et un Rituel Cacxiquel, texte très obscur.
  • Les prophéties du Chilam Balam, version et présentation de J.M.G Le Clézio, Gallimard ­1976, collection Le Chemin.
  • Les maya de Jacques Soustelle, éditions Flammarion1982, collection l’Odyssée.

la trace de leur passage sur terre s’impose à nous comme l’un de sommets de l’aventure humaine. »

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