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16 août 2017 – 16 h 38 min |

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Deux expositions que je recommande …

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Minou Drouet poèmes revisités

Soumis par sur 27 septembre 2014 – 10 h 32 min 4 Commentaires

   Arbre mon ami, poèmes de Minou Drouet   Arbre, mon ami, de Minou Drouet, poèmes et extraits de lettres : une délicate découverte au hasard de mes étagères, à lire pour le plaisir des mots, le temps ayant effacé les polémiques et, je l’espère, les blessures sur la petite écrivain de ces poèmes. L’ouvrage, édité en 1955 par René Julliard, a connu un succès fulgurant et soulevé des torrents de haine à l’encontre de Minou Drouet –8 ans au moment de sa publication- que je découvre fillette malheureuse au détour de quelques phrases.

Dans mon souvenir, Minou Drouet était une enfant de mon âge singeant les adultes, conclusion sans doute de vives discussions familiales. Qui a abandonné la partie ? Mon père peu porté sur les « pitreries » dans ce domaine?, ou ma mère,  intellectuelle et artiste ? En tous cas, un jour le livre a été relié et je l’ai trouvé bien en place dans la bibliothèque familiale. 

Lus pour la première fois alors que l’auteur et moi avons passé les 65 ans, avec un à priori défavorable, les poèmes de Minou Drouet, délicats, frais, vifs, alternance de bleu et de blanc comme le ciel breton, servis par une écriture puissante d’émotions, révèlent une personnalité complexe, vraiment talentueuse, une enfant que l’on qualifierait de nos jours de surdouée, qui n’a pas été accompagnée comme telle en musique, et moins encore en littérature ! 

J’en veux pour preuve les phrases échappées de ses poèmes et lettres à ses professeurs, médecins, éditeur, amis, à sa mère. Que ce soit à Lucette Descaves, à Yves et Elise Nat, aux docteurs Julliard ou Paufique, à Louis Pasteur Vallery-Radot à René et Gisèle Julliard ou à Philippe, son ami d’alors au double de son âge… ces poèmes dédicacés et ces missives au langage d’amour si fort, si direct, et si enveloppant, exhalent des soupirs malheureux.

Elle aime, Minou Drouet, de toute son âme, de toute son hypersensibilité, de tout son être « lourd de musique ». Et elle crie son amour: « Madame mon amour », « mon amour si chéri », « mon si grand ami », « ma petite dame Blanche chérie » ; mais aussi elle susurre pudiquement des plaintes que le lecteur d’aujourd’hui ne peut pas ne pas entendre. Et  l’on se demande quelle a été rééllement l’enfance de cet enfant vilipendée, comment une fillette de 8 ans a pu survivre à la férocité d’adultes déchaînés.  Yves Nat meurt en 1956, René Julliard en 1962. Minou Drouet n’a que 15 ans ! …

 Je n’avais qu’un ami

       et deux mains me l’ont pris.

Mon chien je n’avais que toi

     tu n’avais que moi

     je pleurais de ta peine

     tu criais de ma peine

 de notre peine

   si pareille à une chaîne

       dont ton coeur

       et mon coeur

étaient deux mailless jumelles

(…) 

Quand une gifle m’éveillait

                                    le matin

pour me punir

              d’avoir grincé des dents

               en dormant…..

In  Je n’avais qu’un ami  (tout un poème !)

ou encore  :

 ...arbre, 

          mon ami

                 mon tout seul

                       perdu comme moi

                          perdu dans le ciel

                                  perdu dans la boue…

(…)

   dessin

d’enfant trop pauvre

                     pour acheter

                          des crayons de couleur

 in Arbre, mon ami

Enfin  last but not least  :

Et c’est dans cette nuit

    moins terrible que ma misère

in  La nuit

Qui est cette Minou Drouet, fort attachante dans ses écrits ? Une eau courante ? 

J’aime l’eau qui ne dure pas

           qui finit jamais une phrase

           qui n’a jamais le même ventre

           la même voix

un jour je me roulerai dans sa jupe

       et je serai perdue

         comme le poussin

          dans sa coquille

et je serai la petite feuille d’automne

       couleur soleil

               de sang

              de déjà plus

qui se fera légère et obéissante

pour que la mer et le vent

              mes amours

m’emportent toujours

           vers ailleurs

In Eau courante 

Oui !  une délicate découverte que cet « Arbre, mon ami » de Minou Drouet. Mais que fait aujourd’hui cette eau courante ?

  • Arbre, mon ami de Minou Drouet, Editions René Julliard 1955 Poèmes et extraits de lettres

A comparer avec Les poèmes barbares de Leconte de Lisle

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4 Commentaires »

  • Jack dit :

    C’est magnifique et mystifiant.
    J’aimerai me procurer son livre : Du brouillard dans les yeux. Il semble introuvable. Si vous l’avez auriez-vous, svp, l’aimabilité de me le dire. J’aimerai tant le re-lire.
    Merci

  • Mireille Durand dit :

    Bonjour,
    Merci de lire mon blog et… Minou Drouet dont je n’ai pas « Du brouillard dans les yeux »; je ne le connaissais pas mais vais chercher. Le premier qui trouve prévient l’autre, d’accord ?
    Cordialement M. Durand

  • Dubois dit :

    Pour information
    Lundi 25 janvier 2015 sur Gulli à 21 heures
    Diffusion de Clara et les méchants
    Film avec Minou Drouet

  • padieu isabelle dit :

    Ces poèmes que je ne connaissais pas sont bien plus que seulement jolis, ils sont émouvants et sonnent bien.
    On comprend que cette enfant qui a connu Lucette Descaves grande pédagogue du piano et Yves Nat merveilleux pianiste, était une excellente musicienne et pianiste.
    Pauvre petite fille qui a supporté la mesquinerie et la jalousie des adultes. Comme elle a dû souffrir…
    Merci pour cette découverte.

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