Lu de-ma bibliothèque »

28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

Lire l'article complet »
Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

L'air du temps

Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

A vendre livres Vieux papiers

Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

Inédits ou épuisés en ligne

Des ouvrages inédits, ou épuisés comme le roman "Le feu sacré", roman d'aventure initiatique sur le feu de forêt à lire sur votre écran.

Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

Accueil » Lu de-ma bibliothèque

Merci pour ce moment de Valerie Trierweiller, avant d’oublier

Soumis par sur 19 septembre 2014 – 10 h 26 min
Valérie Trierweiller,  sotte ou perfide ?

Valérie Trierweiller, sotte ou perfide ?

Moi, lire « Merci pour ce moment » de Valérie Trierweiller ? Jamais ! Son air aimable de chien de combat et  sa piètre représentativité  me la rendaient totalement inintéressante. Sans télé, ne lisant que de magazines rébarbatifs, son talent auto-proclamé de journaliste politique m’avait échappé. Comme ce leader du Centre dont j’ai oublié le nom, né à mes yeux le jour où il a gifflé un gamin fouillant sa poche et mort aussitôt,  elle avait eu une brève existance le jour de sa répudiation, ou plutôt de sa mise à mort publique, moins par ses crises de larmes et tentatives de suicide que par la révélation de la brutalité et la gouaterie de celui qui l’avait, peu avant, exhibée et imposée au bon peuple comme objet de son désir . Elle m’a rappellé « la femme qui pleure », un film de Jacques Doillon vu en 1978, où l’on a envie de giffler l’héroïne du début à la fin !

Mais voila ! De  nombreux beaux esprits d’ondes radiophoniques y sont allé de leur lynchage gourmand allant jusqu’à proclamer parfois avec condescendance ne pas avoir lu le « brûlot » de l' »ex-première Dame », sauf quelques bonnes feuilles justifiant leur commentaires plutôt défavorables. Rien qu’à cause de cette curée incompréhensible (il sort des tas de torchons hypermédiatisés chaque année) j’ai décidé de lire « Merci pour ce moment » de Valérie Trierweiller édité chez » Les Arènes » et le livre (j’hésite cependant à utiliser le mot ouvrage) m’a intéressé surtout par les ombres qu’il diffuse.

Sotte ou perfide, Valérie Trierweiller ?

Dégageons  tout de suite l’aspect courrier du coeur  avec tremolos dans ce « Merci pour ce moment » de Madame Treiweiller. Ses histoires d’orgueil, son avidité de gloire et de confort, même financier : elle avoue un accord financier de rupture (et en révèle un autre, lors de la campagne des primaires entre François Hollande et la mère de ses enfants, ce qui montre que cet homme a une capacité certaine à régler les problèmes quand il le veut), ses crises de jalousie, ses minauderies de midinette, son côté chiant et son air renforgné -vision publique s’entend-  occupent les deux cents premières pages que l’on peut survoler, je le sais je ne l’ai pas fait moi-même.

Point positif  à mes yeux  : Valérie Trierweiller ne se présente pas sous son meilleur jour, sa « confession » ne m’a pas rendue plus sympathique cette « hystérique » qui s’est prise pour un avatar de la fonction de son mec. Nous avons toutes été cocues, presque toutes avons piqué le mec d’une autre et quand il nous a été repris par une plus jeune, plus belle, moins chiante ou plus bête, nous avons dû nous plier à la règle du jeu . Bon ! je dis cela car je n’ai ni pêché ni perdu un aussi gros poisson que Mme Trierweiller !

A propos de son amant, juste quelques traits  : un homme à genou sur le lit, dans un état de sidération, qui se prend la tête entre les mains et se demande à haute voix : « comment allons-nous faire ? » alors que sa liaison, « extra conjugale » oserais-je dire, sera rendue publique dans quelques heures. Ou encore la convocation secrète d’une réunion de ses proches conseillers dont le sujet – la maîtresse qu’il veut jeter à la poubelle- est exclu et qui accouchera d’un communiqué abject… Assez cohérent avec le « choix des femmes ministres sur catalogue », avec l’élégant  « pas jojo » que François Hollande décerne à une famille somme toute discrète et  modeste et avec la sensibilité et la finesse sur Philippe Croizon (page 256).

Que  votre  François Hollande,  au fur et à mesure qu’il acquiert du pouvoir, « mente à tout le monde, ne pense qu’à lui, utilise le langage des puissants à qui tout est permis et qui ne se sentent redevables de rien ni de personne », mais Madame Trierweiller c’est un acquis automatique du  rôle et de la fonction ! Quant à son profil socio-culturel, découvrir et lui reprocher après des années de liaison intime qu’il n’est ni pauvre ni inculte… !   La conquête du pouvoir, Valérie Trierweiller l’a suivie pas à pas et elle décrit en fait un homme « normal », c’est-à-dire gâté par la puissance gagnée à chaque étape de son ascension. Comme il part de sous-sol il a de la marge !  A l’Elysée, dira-t-elle encore,  « il ne fait pas la différence entre ceux qui sont à ses côtés pour lui et pour servir l’Etat et ceux qui ne l’ont rejoint que pour leur carrière et pour se servir de son influence ». Diantre ! comme on ré-entend sur les ondes en ce moment .

Après le portrait de François Hollande, le sien : le lecteur a droit  à son engagement humanitaire dont personnellement je n’ai jamais pris conscience, à ses souffrances endurées à cause des  publications sur elle – la rançon de la gloire, en quelque sorte, car la gloire n’est pas souvent  rose, il suffit d’aller au cinéma pour le voir sous tous les registres, chère Madame Trierweiller-,  et surtout sur la femme bafouée qu’elle se sent être et qu’elle a été sans aucun doute de façon injuste et sale.

Merci pour ce moment, bombes à retardement en clair-obscur

 Arrivons aux points intéressants, plus politiques.  Est-elle vraiment sotte ou d’une redoutable perfidie, Madame Valérie trierweiller dans « Merci pour ce moment »?

Page 210 commencent les choses sérieuses !  En effet, au fil du récit se dessinent en clair-obscur des éléments de bombes à retardement dans lesquelles elle n’a ni implication ni pouvoir, dont elle n’a peut-être même pas conscience. Si le « sans dent » fait florès, c’est dommage car cette courte expression cache le reste du contenu des 317 pages, contenu qui, volontairement ou pas, n’est pas qu’un règlement de comptes féminin au marché de Brive la Gaillarde ni « une vengeance précipitée » (Le Monde des Livres du 12 septembre), mais un descriptif du système de pouvoir bien français : monothéiste, clos et peu traversé par des courants d’idéees ;  un système enraciné pour longtemps.

L’héroîne, en fait ,est Ségolène Royal dont tout citoyen avait deviné la forte personnalité,  mais que Valérie Trierweiller découvre en virago tirant les ficelles du pouvoir et devant laquelle – chacun aurait pu le lui dire-  elle ne pouvait  que perdre,  Julie Gayet n’étant qu’un épiphénomène.  Une confidence de François Hollande  dans une période d’intimité harmonieuse  révèle qu’il a  « souffert de faire de la politique en couple, ce n’était pas son choix mais le fruit des circonstances et de l’ambition de Ségolène Royal qui s’est affirmée au fil des années. Il a souffert d’avoir été plusieurs fois effacé au profit de la mère de ses enfants… » (au passage, on apprend que François Hollande n’était jamais allé à Latche du vivant de Mitterrand) . Et elle n’a pas compris ?

Pourtant, selon son auto-portrait, Valérie Trierweiller a été d’une grande perspicacité politique depuis la démission de Chevènement jusqu’à l’élection de Folani en passant par le retrait de Jospin de la vie politique. Et plus récemment sur l’affaire Cahuzac : « tu as des preuves? », la rabrouait son innocent ami.  Enfin élu, Valérie Trierweiller note que les nouveaux ministres en dehors de Laurent Fabius « n’ont pas le niveau » cela « crève les yeux » de l’ancienne journaliste politique qu’elle est toujours au fond d’elle-même. Mais elle se tait, tient-elle à préciser.

Valérie Trierweiller liste  les trahisons (Bartolone etc.), revirements de vestes et autres jeux politiques auxquels elle ne semblait pas s’attendre. Sotte ou perfide, naïve ou machiavélique, je me pose encore la question.  Des  ceux dont elle parle, Aquilino Morelle dont Hollande doit sans cesse réécrire les discours (amusant !) est déjà tombé, mais guettons l’avenir de Le Fol, Michel Sapin et Najat Vallaud Belkacem, fascinée par la « puissance médiatique  » de Mme Trierweiller après le fameux tweet des législatives de 2012, au point de lui proposer de « faire des opérations » avec elle… Tweet qui apparaît comme une vengeance presque machiavélique. Alors plus perfide que sotte ?

Autre ombre intéressante,  lorsque le candidat à la primaire tout à son « objectif », terme employé comme pour ne pas contrarier le sort, rencontre secrètement DSK chez l’écrivain Dan Franck. « François me dit ensuite avoir confirmé qu’il ne se retirerait pas. Ce n’est pas l’interprétation de DSK. Qui dit vrai? Ils ne sont que deux pour cette partie de poker menteur », écrit Mme Trierweiller. Dans la nuit du 15 mai 2011 on lui téléphone l’arrestation de DSK. Elle réveille M. Hollande: « rendors toi, tout ça ce sont des conneries ! », dit-il en lui tournant le dos. Elle téléphone, plonge sur Internet et finalement le réveille pour lui annoncer l’arrestation pour viol. Réaction : »ce n’est pas une bonne nouvelle, il risque d’y avoir un sentiment de légitimité autour de Martine Aubry …  » Et, plus loin : « François est totalement déboussolé » …Aubry, L‘ennemie insurmontable ? Plus dangereuse que ne l’était DSK ? On a envie de se replonger dans les dessous de l’arrestation..

Première  Dame cela n’existe pas

Fine, finalement, Valérie Trierweiler  : »on m’ a prise pour une bourgeoise, glaciale et méchante, je n’étais tout simplement pas à ma place. Doublement illégitime… » Elle se prenait pour une « Première Dame » , déplore de ne pas avoit été reconnue comme telle par les Français -qui ne l’aimaient pas mais s’en est-elle rendue compte  même après le fameux  » ne l’épousez pas parce qu’on ne l’aime pas ». Elle ne se  se demande pas ce que les Français peuvent bien comprendre à un titre et une fonction inexistants dans leur système ! Première Dame ? Qu’es aquo ? On a  l’épouse ou la compagne du Président,  basta ! Première Dame, c’est une invention sarkozyste qu’elle a vite adoptée. Par inculture ou par envie d’être aussi grosse que le boeuf ?

Je termine néanmoins par un hommage mérité et appuyé  : elle l’a aimé quand il était  un homme politique pas du tout prometteur avec 3% d’intentions de vote (et physiquement « pas jojo » à mon goût). « Raide amoureuse ». Ce livre mérite lecture payante pour lui apporter de quoi nourrir ses chères têtes blondes.

En epèrant que vous avez su négocier vos droits d’auteur, « merci pour ce moment », Madame Trierweiller.

Mais, au fait, Monsieur le Président,  entre les dizaines de messages et envoyés à votre garde rapprochée, à votre ancienne maîtresse, peut-être à une nouvelle, à la presse, aux Français…vous reste-t-il du temps pour travailler ?

C’est Bayrou qui avais flanqué une giffle à un gamin mal élevé

  • Merci pour ce moment de Valérie Trierweiller édité chez » Les Arènes.

 

Tags: , , , ,