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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

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Mangrove du Vietnam mort prévisible dès 1960

Soumis par sur 24 août 2015 – 13 h 52 min

Mangrove de palétuviers années 80 Nigeria Delta du Niger  Mangrove du Vietnam : mort prévisible

dès 1960

« La mangrove, un barrage perdu contre l’océan »,  article de Martine Valo dans Le Monde du 14 Août,  me     rappelle la mort de la mangrove du Vietnam prévisible dès 1960, si l’on relit l’étude botanique et économique sur « les forêts inondées du Viêt-Nam en 1960 » de Nguyen Văn Chi.

Cette monographie, inscrite dans « Causeries sur le développement des ressources naturelles au Viêt-Nam en 1960 »,  relue aujourd’hui, porte en elle la mort prévisible de cet écosystème dans un contexte de développement à court terme d’un pays alors en guerre mais loin du réchauffement climatique affectant la planète.

Nguyen Văn Chi, alors directeur des Eaux et Forêts du Viêt Nam,  fait un recensement et dresse une nomenclature des végétaux de la mangrove et de l’arrière-mangrove du delta du Mékong (zone concernée), en indiquant les noms scientifiques, français et vietnamiens de chaque plante ; il liste de la même manière la riche faune de la mangrove dont trente-quatre familles de poissons et crustacés.

Pour chaque plante  Nguyen Văn Chi  décrit son utilité : « pour charbon de bois », »pour faire gouvernails de barques et construction légères », »pour chauffage des briqueteries et des fours à chaux », « comestible », » pour pieux de fondation de maison », »pour les chaudières de chaloupe », « utilisé pour les courbes des sampans, gouvernails de barques, rouleaux versoirs de charrues et manches d’outils », « écorce se détachant facilement en lamelles au pouvoir isothermique supérieur à celui du liège « …

La sylviculture dans la mangrove a un fort pouvoir reproductif et Nguyen Văn Chi donne des conseils agronomiques notamment pour les plantations de palmiers d’eau et d’autres espèces.

Si la mangrove de palétuvier est aujourd’hui « l’écosystème qui a le plus reculé » selon François Fromard chercheur au CNRS de Toulouse cité par Martine Valo dans Le Monde, c’est peut-être pour avoir été le milieu naturel le moins bien compris des dirigeants de pays en possédant. Cela dit, j’ignore tout de la situation actuelle des mangroves du Vietnam (orthographe contemporaine) mais j’ai vu disparaître celles d’Amérique centrale, d’Afrique et de Madagascar…

mais pas la mort de l’hévéa…

Les « Causeries sur le développement des ressources naturelles au Viêt- Nam 1960 », monographie éditée par le secrétariat d’Etat vietnamien à l’Agriculture, traitent également du « renouvellement des plantations d’hévéas » et du « devenir du centre d’élevage de porcelets de Thuộc-Nhiêu », deux sujets qu’historiens et géographes liront avec intérêt, après un rappel de la situation en 1960 : le Sud Viêt-Nam est engagé dans une guerre contre le Viêt Minh avec la participation de conseillers stratégiques américains qui seront rapidement suivis de militaires ; dans les zones rurales peu sures, le gouvernement regroupe les populations en « hameaux stratégiques »; dans le même temps, le pays diversifie ses productions agricoles, accroît ses exportations vers d’autres pays que l’ancienne puissance coloniale, s’intègre dans la réalité géopolitique du Sud-Est asiatique…L’hévéa est la grande production exportatrice, bien que le caoutchouc synthétique pointe déjà son nez ; les plantations sont aux mains de groupes tels Michelin.

La présentation de J. Bouthillon, sur la question du renouvellement des plantations d’hévéas, traduit, à la lire aujourd’hui, le malaise du chef de la division de Phytopathologie et du Service Pépinières à l’Institut de recherche sur le caoutchouc du Viêt-Nam qui vivait la situation politico-économique décrite plus haut.

Dans sa communication, il considère en effet que l’hévéaculture est « incontestablement au début d’une période d’expansion » et d’un  » intérêt extrême » pour les planteurs comme pour l ‘Etat. Cependant, l’auteur craint que la « masse des capitaux consacrés aux nouvelles plantations ne soit pas inconsidérément supprimée », sans en dire expressément la raison.

Il est question d’envisager le remplacement des cultures les moins productives par un matériel végétal sélectionné haut producteur car au Viêt-Nam « les surfaces que l’on peut définitivement réputer non rentables sont très faibles ». Il souligne cependant que les abattages représentent un manque à gagner jusqu’ aux années 70, concluant : « dans l’intérêt même du développement de l’hévéaculture la règle qui s’impose est de replanter le moins possible car on peut maintenir la production de vieux arbres en diminuant le prix de revient ou augmenter leur rendement par nouvelles techniques », qu’il décrit précisément. Il termine cette communication à double lecture en prédisant  » l’offensive l’hévéa au Viêt Nam »… Est-il vrai que les auditeurs de colloques n’écoutent que le début et la fin des interventions, faisant une petite sieste discrète entre ces deux temps ?

adieu, le plus beau des cochons du monde

Quant à l’étude sur Thuộc-Nhiêu, centre producteur de porcelets, elle m’est particulièrement agréable, moi qui suis du signe du cochon et qui adore le Heo Cõ, petit porc indigène, noir, à groin pointu, à tête légèrement concave, aux petites oreilles, à dos ensellé et ventre tombant, aux membres petits et courts,  au regard malicieux qui semble toujours sourire (en liberté bien entendu) et qui comprend tout lorsqu’on lui parle.

Petite ballade à Thuộc-Nhiêu  (région des neuf villages), situé dans la province de My Tho sur la route nationale 4 de Saigon à Càmau, où au bord du Mékong l’on dégustait des crabes au sel et une soupe sublime pourtant faite à l’eau du fleuve… Le bourg doit son nom à un mécène, Nguyen Thuộc, venu du centre du pays, qui avait offert un marché au village ; pour le remercier les villageois lui avaient attribué le titre honorifique de Nhiêu (qui dispense de corvées) et à sa mort avaient donné son nom au marché. Démoli pendant la « dernière guerre » (contre les Français), il fut reconstruit en 1954 sur les fonds du village ; c’était,  à l’heure de cette communication, un important centre de production de porcelets.

Nguyẽn-Ngọc Minh, vétérinaire inspecteur de l’élevage, décrit mon cher Heo Cõ  (70 à 80 kg maxi) comme difficile à l’engraissement et peu rémunérateur. Tant mieux ! On le gardera comme animal favori.

Déjà pointent les croisements avec des races exogènes importées d’Europe… Et la disparition de mon cher Heo Cõ ? La crise du porc n’est pas loin. C’était en 1960 !

Le plus beaud es cochons du monde, le Héo Co du Viêt Nam $

 

  • La photo de Mireille Durand est prise dans le delta du Niger près de Wari dans les années 80. Depuis la mangrove a été très abimée par l’exploitation du pétrole.
  • « Causeries sur le développement des ressources naturelles au Viêt- Nam 1960 », monographie éditée par le secrétariat d’Etat vietnamien à l’Agriculture.

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