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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

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Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

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Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

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Henri Focillon dans ses Lettres d’Italie

Soumis par sur 3 février 2012 – 15 h 53 min

Lettres d'Italie Henri FocillonSon art d’occident, ses Piranese, Cellini, Raphaël, Piero della Francesca, son éloge de la main figuraient en bonne place dans la bibliothèque familiale. Henri Focillon était une référence, sa lecture vivement recommandé, à la fois agréable et enrichissante. J’avais donc acheté ses Lettres d’Italie (édition Le Cabinet des Lettres 1999) avec un a priori favorable. Sans erreur !

Ce sont les lettres adressées à ses parents de 1906 à 1908, essentiellement durant son « voyage en Italie » pendant qu’il travaillait à sa thèse de doctorat sur Giovanni Battista Piranesi, puis de 1907 à 1919 à quelques amis et familiers, enfin à sa mère entre 1922 et 1930.

Pour les premières, il a 25 ans, un œil sûr, un jugement très mûr, des analyses et descriptions passionnantes, une capacité à disséquer l’âme humaine aigüe ; on se régale à visiter à ses côtés Milan, Florence, Naples, allant même jusqu’à résider avec lui à Venise et Rome.  Qu’il jette les bases d’une exposition franco-italienne, écrive une pièce « jouable, avec de la musique et du spectacle », bâtisse une histoire du XIXème siècle « en supposant que Napoléon n’a pas perdu la bataille de Waterloo », ou cherche un « morceau de pierre » pour une publication dans Les Antiquités de Delos …le lecteur le suit les yeux fermés. Et fait siennes les joies des maîtres de la gravure  qu’Henri Focillon nous dévoile.

Cet homme, cerveau respecté, se bâtit un avenir, affiche ses ambitions, parfois sa « diplomatie », se crée des amitiés…et des inimitiés.  Le lecteur se prend à embrasser les réticences d’Henri Focillon pour les uns, tels « le Germain naturalisé italien » (l’archéologue Wolfgang Helbig),  le directeur de la revue La Cultura ou le directeur de l’Ecole française de Rome «  aimable et indifférent prélat qui n a rien d’un Médicis », mais aussi ses amitiés pour Jérôme Carcopino, Abel Bonnard ou Jean Hartzfeld et tant d’autres qui l’accompagnent dans cette correspondance.

Cependant, j’ai préféré la partie plus intime, ce qui transparaît de ses relations avec ses parents. Très vivante, très charnelle, elle montre une liberté de ton et une intimité rarement exposées au début du XXème siècle, même dans les milieux artistiques. Ce cerveau respecté possède également un cœur, connaît des ennuis d’argent qu’il ne cache pas, clame l’amour de ses « chers vieux parents » à qui il renvoie le viatique récemment reçu, exprime l’inquiétude pour la santé de ses « chers parents aimés » ; l’affection qu’il porte à sa « chère petite mère » tantôt « petite Maman bien aimée », tantôt «  Mère chérie » ou « Petite Mère » .Et il signe «  Henriquet » ou «Ton petit Henri »…

Merci, grand Monsieur, d’être si proche de nous !

Note : presqu’aveugle, Henri Focillon n’avait pas son pareil pour voir les œuvres d’art, car il était «  doté d’un pouvoir magnétique », selon Jérôme Carcopino.

  • Lettres d’Italie, d’Henri Focillon, Editions Le cabinet des Lettres 1999 ISBN 2-07-074922-3

D’autres lettres, celles d’Alain-Fournier et de Marguerite Yourcenar. Passionnantes !

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