Lu de-ma bibliothèque »

28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

Lire l'article complet »
Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

L'air du temps

Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

A vendre livres Vieux papiers

Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

Inédits ou épuisés en ligne

Des ouvrages inédits, ou épuisés comme le roman "Le feu sacré", roman d'aventure initiatique sur le feu de forêt à lire sur votre écran.

Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

Accueil » L'air du temps, Lu de-ma bibliothèque

COP 21 : Aldo Leopold, la terre, l’eau

Soumis par sur 1 décembre 2015 – 14 h 14 min 3 Commentaires

COP 21  Aldo Leopold, la terre, l’eau

La nature, une ressource qui ne peut s’accroître

   Le Mont Blanc dans les années 80COP 21 ? « La nature vierge est le matériau brut dans lequel l’homme a péniblement taillé cet artifice que l’on appelle civilisation ;  la nature vierge est une ressource qui peut diminuer mais non s’accroître », alertait dès 1948 Aldo Leopold dans L’Almanach du comté des sables. Aujourd’hui, COP21 oblige, la lecture de son ouvrage, publié à titre posthume en 1949 et réédité en 2000 par Flammarion, s’impose, tant pour le délicieux voyage dans l’intimité de la nature qu’il nous offre que pour les réflexions que ses analyses et projections éveillent en nous.


COP 21 Aldo Leopold, la terre un produit …?

Vraiment, nous abusons de la terre ! , constate-t-il ! Et c’est notre « idée abrahamique de la terre » qui nous fait abuser d’elle. Parce que « nous la considérons comme un produit qui nous appartient. Si nous la considérons, au contraire comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons commencer à l’utiliser avec amour et respect ; la terre en tant que communauté, voilà l’idée de base de l’écologie, mais l’idée qu’il faut aussi l’aimer et la respecter, c’est l’extension de l’éthique.

Nous sommes « une société hypocondriaque tellement obsédée par sa propre santé économique qu’elle en a perdu la capacité à rester saine », poursuit ce visionnaire dont les lignes n’ont pas perdu une once de pertinence et d’actualité plus de soixante ans après leur publication, en pleine COP 21.

« Nous imaginons que c’est l’industrie qui nous fait vivre, oubliant ce qui fait vivre l’industrie. Il y eut un temps où l’éducation rapprochait de la terre au lieu d’en éloigner », ajoute Aldo Leopold qui plaide pour « un peu de mépris pour la pléthore de biens matériels… Un tel déplacement de valeurs peut s’opérer en réévaluant ce qui est artificiel, domestique et confiné, à l’aune de ce qui est naturel, sauvage et libre ».

Guatemala terroir de l'Altiplano dans les années 70

Guatemala terroir de l’Altiplano dans les années 70

La question sous-jacente est : « les populations humaines obéissent-elles à des schémas de comportement dont nous n’avons pas conscience mais que nous contribuons néanmoins à perpétrer ? Est-ce une réalité que l’ontoegenèse répète la philogenèse  : le développement de chaque individu reproduit-il l’histoire de l’espèce au cours de l’évolution…? »

COP 21 Aldo Leopold prémonitoire

L’Almanach du comté des sables  nous plonge dans le monde dans sa totalité : la terre, l’eau, l’air,  les végétaux et les animaux dont nous nous sommes coupés, distingués, oubliant que l’humain était une partie de cet ensemble « terre », ni  la partie supérieure, ni la partie essentielle, mais une simple partie singulière comme chacune des autres, une partie s’autorisant par sa grande ignorance et son sadomasochisme intrinsèques à détruire les autres éléments du tout et préparant ainsi, consciencieusement, sa mort en tant qu’espèce…

Aldo Leopold  nous parle avec un amour contagieux de la nature qu’il « co-naît » instinctivement et « scientifiquement » – je répugne à employer ce terme dont Aldo Leopold nous esquisse tous les dangers pour l’esprit, mais je n’en trouve pas d’autre pour nos cerveaux actuels.

Montrant le rapide processus de désagrégation de son monde qu’a lancé l’humain, l’ouvrage n’en est cependant ni pessimiste ni triste, ce sont même des sentiments contraires d’exaltation et d’espoir qui saisissent le lecteur à entendre la vie de la nature, au fil des saisons, dans un coin perdu du Wisconsin alors encore relativement protégé du progrès ;  dans la deuxième partie, Aldo Leopold nous entraîne dans son vécu écologique toujours actuel et même encore prémonitoire,  avant d’ouvrir sur le champ plus vaste de la philosophie et de l’humanisme.

Le tout écrit MERVEILLEUSEMENT.

L’eau, LE 1er des droits de l’Homme

Le pool du Congo à la fin du 20ème siècle

Le pool du Congo à la fin du 20ème siècle

COP 21 encore ! L’eau, bien commun à l’humanité dont l’ usage est LE premier des droits de tout vivant, LE droit humain par définition. L’eau ! Question vitale plus actuelle aujourd’hui qu’hier et bien moins que demain.

Je replonge dans les travaux du 6ème Forum Alternatif Mondial de l’Eau de Marseille en 2012 dont j’avais rendu compte dans ce blog en son temps.

L’eau, bien commun à l’humanité, cela semblerait couler de source ! Et bien non ! Depuis des quelques décennies (une goutte d’eau dans l’océan du temps terrestre) l’eau, source de toute vie (on cherche de l’eau dans les autres planètes) est devenue une matière première, LA matière première la plus génératrice de profits pour des institutions publiques ou privées qui tout autour du monde l’ont accaparée et l’utilisent à des usages détournés et dangereux pour l’environnement et les humains eux-mêmes : mines et extractions diverses, industries à durées de vie limitées mais aux dégâts pérennes, irrigations excessives de productions répondant à des besoins artificiels, constructions de grands barrages catastrophiques pour les lieux de leur implantations mais abaissant les coûts de productions à des milliers de kilomètres plus loin.

Bref, nous connaissons vaguement le système dans lequel nous vivons mais savons-nous à quel point il nous tue ? A quel point nous l’institutionnalisons comme arme pour notre suicide collectif ? Seuls les vivants végétaux et animaux ne tuent pas leur environnement et s’adaptent sans cesse à ses besoins alors que nous, humains, nous l’adaptons à ce que nous pensons être nos besoins, sans prévoir les conséquences de nos actes. Nous ne nous sentons pas concernés, englués par force discours moralisateurs et actions visant à donner bonne conscience, voire endormir les cerveaux.

Au 6ème Forum Alternatif Mondial de l’Eau de 2012, de nombreux déserteurs du très officiel et verbeux Forum Mondial de l’Eau avaient participé concrètement aux études, analyses, et propositions canalisées autour du thème principal : « l’eau source de vie, pas source de profit ». Un miracle local – Marseille champion de la mixité ce n’est pas une image- avait uni personnalités, officiels, scientifiques et militants de tous pays, chacun acceptant la compétence de l’autre pour aboutir à des amorces de travaux précis : création d’un tribunal mondial de l’eau, criminalisation des dégâts sur l’eau et par l’eau mal utilisée, notamment. A l’issue du Forum officiel du conseil mondial de l’eau, dans le Courrier des Maires de France, les responsables gouvernementaux et collectivités territoriales françaises s’étaient engagé dans la mesure de leur moyens à la lutte « contre la crise de l’eau ». Espoir d’une perméabilité de l’alternatif vers l’officiel ?

En cette COP 21 quid du Conseil mondial de l’eau ? Combien de bataillons alignés dans cette lutte pour la survie de la planète ? Hélas ! les discours précontraints, lissés, descendants, obsolètes au regard de l’évolution du monde, ont de beaux jours devant eux !

Finirai par voter pour le programme électoral de transplantation des villes à la campagne… Aldo  Leonard, Alphonse Allais et Alexandre Vialatte même combat !  Un peu de musique pour poursuivre le quesionnement ? Samulnori ou les percussions coréennes à vous faire partager 

Lever de soleil sur Marseille années 2000

  • COP 21 signifie 21ème réunion des parties signataires de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
  • Aldo Leopold en 1887 dans l’Iowa ;  forestier, diplômé de foresterie  à 23 ans, responsable de 5000 000 hectares de forêt nationale américaine (Wisconsin). Il a fait toute sa carrière de chercheur et de gestionnaire sur le terrain et a été conseiller auprès des Nations-Unies pour la protection de la nature.
  • Almanach d’un comté des sables, suivi de : Quelques croquis d’Aldo Leopold,  traduction d’Anna Gibson,  présentation de Jean-Marie Le Clézio, édition Flammarion.

  • J’avais déjà rendu compte de  ma lecture de L‘Almanach d’un comté des sables d’Aldo Leopold en 2012 après un  petit voyage entre Saint Gilles du Gard et Palavas-les-Flots, où nous avions vu, vu de nos yeux : vu,  les blessures aux végétaux, aux animaux et à l’eau infligées par notre société du toujours-plus-toujours-mieux.

  • Si ce papier vous a plu merçi de le partager avec vos proches et de cliquer sur j’aime de la page FaceBook.

 

Tags: , , , , , , , , ,

3 Commentaires »

  • de barbera dit :

    « Seuls les vivants végétaux et animaux ne tuent pas leur environnement et s’adaptent sans cesse à ses besoins alors que nous, humains, etc … » :
    L’humain EST une sous classe animale : essentiel de bien se mettre ça dans le disque dur .

  • Mireille Durand dit :

    Merci de votre précision. En effet il faut éviter « les pré-formatages » de nos cerveaux, surtout que nos connaissances évoluent rapidement depuis notre apprentissage de la vie.

  • de barbera dit :

    je vais encore faire ma rabat joie : des savoirs … mais de moins en moins de connaissances à mesure que le « progrès » fait ses lavages et ses ravages

Laisser un commentaire!

Ajouter votre commentaire ci-dessous, ou trackback à partir de votre propre site. Vous pouvez aussi Comments Feed via RSS.

Soyez gentil. Gardez-le propre. Restez sur le sujet. Pas de spam.

Vous pouvez utiliser ces balises:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 

Il s'agit d'un Gravatar-enabled. Pour obtenir votre propre mondialement reconnu-avatar, s'il vous plaît vous inscrire à Gravatar.

Entrer le code captcha * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.