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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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Fangeux, cruel, érotique Poto Poto (Erich von Stroheim)

Soumis par sur 19 janvier 2012 – 7 h 00 min

Dans la veine africaine section violence et sang…

Poto Poto  (Erich von Stroheim)

erich von stroheim poto potoJe viens de relire Poto Poto d’Erich von Stroheim, préfacé par Blaise Cendrars et édité ou réédité (ré-édité ?) chez Pygmalion. En très gros plan : l’horreur, la violence –gratuite-, le sang, l’érotisme brutal…Et l’Afrique comme révélateur de l’inhumanité des êtres face à la nature.

Le décor et sa propre vie, les personnages secondaires et leur consistance, les sentiments des héros, et même la perversité dans laquelle baigne le récit restent floutés, en arrière-plan, jusqu’à ce qu’ils soient nécessaires au récit, alors ils crèvent l’écran (j’emploie spontanément des termes cinématographiques car la lecture de Poto Poto est plus visuelle que cérébrale).

Ecrit presque comme un scenario, ou une BD, ce roman d’Erich von Stroheim « dégage » plus sur l’enfer vert de l’équateur que certains écrits détaillés.  Poto-Poto ! Le nom est déjà tout un programme ! Ce mot vernaculaire du bassin du Congo signifie fange, boue (le quartier de Brazzaville ainsi nommé était en zone marécageuse, peut-être en forêt inondée tout au début) mais le marécage mortel où vit Yan et où il va enchaîner Masha est ailleurs, dans une zone encore plus noire, un espace infini où l’homme se fait prisonnier de lui-même, où le temps s’éclipse devant la prédominance de ses sentiments : un piège mortel fait de folie accompagnée de maladie du sommeil, palu, dysenterie, mambas, léopards, hyènes, crocodiles dit du Nil, -les pires- etc. Une zone où l’homme ne peut survivre qu’en maintenant son esprit au sec.

S’il y tombe, aucune chance de sortir du piège qu’est Poto Poto! Comme les héros, le lecteur n’est plus dans le temps (chronos) qui s’est éclipsé au profit d’une intensité émotive dérangeante. Peu à peu cependant, le temps reprendra sa place dans le récit et suscitera alors une révolte chez Masha et le lecteur, leur donnant ainsi le passe pour sortir du piège de Poto Poto .

Étonnamment, l’on débouche sur un happy end ; la dernière scène d’un spectacle plutôt que la fin d’un roman !

Comme tout ce qui entoure Stroheim, la genèse et la vie de l’ouvrage sont opaques ; j’aurais pu ouvrir un moteur de recherche mais je préfère rester sur l’impression que laissent les arrières plans à la fois fangeux, cruels et tellement érotiques.

  •  Poto Poto d’Erich von Stroheim Editions Pygmalion 1991 préface de Blaise Cendrars ISBN 2-85704-347-3

J’ai suivi la piste de Yan Masha : après leur rencontre à Malindi, bled perdu sur la  côte du canal de Mozambique où Masha a été abandonnée à terre,  ils remontent la rivière Tana au Nord et s’enfoncent vers l’Ouest du lac Turkana, vers les marais de de Kabowe (kobowen) .  Zones alors difficilement pénétrables et relativement peu pénétrées propices à l’exaltation de passions meurtrières… (le livre aurait été écrit en 1933, époque où la nature pouvait massacrer l’humain  agresseur, alors qu’aujourd’hui c’est l’homme qui massacre jusqu’à la nature la plus paisible). 

 

L’Afrique encore mais l’Afrique des africains avec La vie et demie, à lire +++

Visions pour enfants et adultes  Tam-tam de Kotokro et Les Mahuzier en Afrique

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