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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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Nouvel An vietnamien, rites et légendes 1960

Soumis par sur 13 février 2015 – 0 h 00 min

Nouvel An vietnamien  Bonjour la chèvre !

Rites et légendes 

à Huong, Norah, Linda, Ninh et les autres. 

                                             

Têt Le Cheval passe la main à la Chèvre ce 19 Février r 2015

    A la veille du départ du  Cheval,  la fête du Têt commence ! L’on se préparait depuis un mois à célébrer a Chèvre qui prendra la nouvelle année sous  sa protection. Le moment est arrivé.

 C’ est le début du printemps, le renouveau de la nature, l’homme doit se mettre en paix avec lui-même, ses proches, ses relations, les vivants, la nature, pour se dépouiller de ses soucis, haines et autres noirceurs. Avant le premier jour du Têt l’on se sera acquitté de ses dettes impérativement. Et pour le Têt chacun portera un vêtement neuf.

 L e dernier jour de l’année lunaire les divinités se réunissent au Palais de Jade pour présenter leurs voeux à l’Empereur céleste ; l’Empereur de Jade reçoit le rapport de chaque génie du foyer (ông tào). Il fait, dirait-on en langage contemporain, un « bilan individuel » et leur donne à chacun sa « nouvelle affectation » car les génies tutélaires changent tous les ans. C’est pourquoi, à partir de minuit, dans les familles et dans les pagodes une cérémonie (Giao thua) remercie l’ông tào qui part et accueille le nouveau.

 L es hommes sont donc privés de leurs génies tutélaires invités chez l’Empereur de Jade pour sept jours, ainsi que des divinités protectrices des villes, des rivières, des montagnes ou des plaines ; ils se trouvent  livrés à la malignité des démons  qui, ce jour-là précisément et jusqu’au septième jour du Têt, sont libérés de l’enfer et lâchés parmi les vivants.

Nouvel an vietnamien Bambou, Abricotier, Narcisses

M ais l’on a pris la précaution, au dernier jour de l’année lunaire, de planter devant la maison le cây nê, un bambou déplumé à l’extrémité duquel on a hissé un papier rouge marqué des huit signes qui feront de cette amulette le meilleur repoussoir à démons et fantômes, on y a également accroché un petit panier avec du bétel et de noix d’arec pour les génies bienfaisants et quelques instruments de musique qui sonnent harmonieusement avec le vent, sans oublier un carré de bambou tressé, barrière contre les esprits malfaisants,  ni les ornements en plumes de coq multicolores. Le cây nêu restera planté sept jours jusqu’au retour des divinités et génies.

E n certains endroits c’est un abricotier ou des branches d’abricotiers qui jouent ce rôle protecteur en souvenir de deux génies bienfaisants et très puissants : Trà et Uât-Luy. Ils vivaient dans une région montagneuse dans un grand abricotier plusieurs fois centenaire, exterminant tant de démons et fantômes que bientôt à la seule vue de l’arbre ces malfaisants s’éloignaient promptement de toute la région. Quand Trà et Uât-Luy allaient présenter leurs vœux à l’Empereur de Jade, les gens mettaient des branches d’abricotier avec une amulette et les portraits des deux génies devant leur maison pour la protéger… Cela fonctionnait, c’était en un temps dont on n’a plus connaissance.

C ependant, les génies étaient souvent été impuissants face à un fleau terrifiant : la peste ! Jusqu’au jour où, selon la légende, l’Empereur Dinh-Tiên-Hoàng connut une solution à cette épidémie redoutable ;  un  génie bienfaisant  lui indiqua de répandre de la chaux tout autour de chaque maison du Royaume  et, pour conjurer le mauvais sort, de dessiner un arc et des flèches sur ce lit de chaux. Ce qu’il fit avec succès. C’est ainsi que dans les années 60 en certains endroits cette coutume se respectait encore au moment du Têt.

Nouvel An vietnamien Chaux et Pétards

D es génies, il y en a de bons et de mauvais, il faut savoir s’attirer les grâces des uns et chasser les autres. Dans cette dernière catégorie, Na-ông et sa compagne Na Bà étaient particulièrement méchants,  plus particulièrement dans les ténèbres car ils craignaient la lumière et le bruit. Ils étaient très nocifs pendant que les ong tào étaient chez l’Empereur de Jade où eux refusaient de se rendre. Un jour, des hommes mirent des charges de poudre dans des bambous et y mirent le feu… Les génies prirent immédiatement la fuite On ne les revit jamais dans cette contrée.  De nos jours, les pétards en chaîne éclatent sans interruption.

 R evennons  au déroulement de la fête du Têt. Dans chaque foyer, l’après-midi de la veille du Têt l’on sacrifie en l’honneur des défunts (Tât-Niên) invités à se revenir sous le toit familial pour trois jours de célébration de l’harmonie de l’homme et de l’Univers.

A u matin du premier jour du Têt, tôt, l’on prépare les mets qui seront offerts aux ancêtres revenus au foyer ; l’on offre aux enfants, en remerciements de leurs vœux, des enveloppes de papier rouge contenant de petites sommes, puis, après la cérémonie sur l’autel des ancêtres, l’on participe à une cérémonie des oracles (jadis observation des pattes de poulet, consultation de l’almanach du bureau impérial de l’observatoire de Hué…) pour connaître l’heure à laquelle il est favorable de sortir de chez soi ce jour-là.

E n effet, le matin du premier jour de l’an nouveau, il est essentiel de savoir qui sera le premier visiteur chez soi et dans quel ordre « chronologique » l’on doit se rendre chez ses voisins et proches afin d’attirer le bonheur, la santé et la prospérité sur son foyer ou sur celui que l’on visite. La matinée se passe ainsi de visite porte-bonheur en visite porte-bonheur.

S i les narcisses blancs s’ouvrent au matin du premier jour, c’est là un signe de prospérité. Car les narcisses sont nés d’une fée bienfaisante. Cette fée, voyant le désespoir d’un jeune homme que ses frères venaient de déposséder de l’héritage paternel, ne lui laissant qu’un champ inculte, était apparue au jeune homme pour le consoler. Elle avait alors révélé que le sol recelait les germes d’une fleur de grande valeur. Au printemps suivant, le terrain se couvrit de fleurs blanches parfumées ; les seigneurs et les riches voulurent tous en avoir et le jeune homme devint très riche.

 L e troisième jour du Têt une cérémonie particulièrement faste honore les ancêtres (qui ont été invoqués deux fois par jour à chaque repas), avant qu’ils ne quittent le monde des vivants et rentrent chez eux non sans laisser  grâce et protection.

A u quatrième jour,  les ancêtres regagnent leur demeure céleste, l’on visite les tombeaux, la vie reprend peu à peu son cours normal. Dès lors l’on peut jeter les ordures que l’on a gardées chez soi. Il y a bien longtemps,  un commerçant amoureux d’une jeune femme en fit sa concubine ; or il  devint de plus en plus riche, par la seule présence de la jeune femme ses coffres s’emplissaient. Mais un jour il la roua de coups alors qu’elle avait cassé par mégarde un objet auquel il tenait beaucoup.  La jeune femme s’en fut se cacher sous les ordures. L’homme ordonna alors que l’on jetât les ordure dans la cour mais quand il les fouilla la jeune femme avait disparu et de ce jour il devint pauvre…(à méditer!)

 E nfin, le septième jour du premier mois, l’on enlève le cây nêu, les génies tutélaires sont à leur place.

Bon Têt, Santé, Longévité, Prospérité. La Chèvre fera sauter nos vies de joie, de créativité,  d’inventivité. 

 

  1. Ces coutumes, rites et légendes n’ont probablement plus cours, mais elles n’étaient pas encore rares à mon adolescence. Sources : photos, archives et notes familiale et divers ouvrages dont l’intervention de Monsieur Thài-Vàn-Kiêm membre de la société d’Etudes Indochinoises 1961.

 

 

Je rediffuse ce papier de 2011 car ces coutumes charmants sont probablement  totalement perdues de nos jours !

 

A lire dans la rubrique inédits les écrits de Jean Battin/Nguyen Van Trong :  Grilles  d’enfer, le choix de mon Oncle

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