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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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A cheval ce soir de Wilhelm Moberg

Soumis par sur 13 février 2012 – 7 h 00 min

Roman suédois Vilhelm Moberg A cheval ce soir de Wilhelm Moberg, brûlant et glacé

Dès les premières lignes de « A cheval ce soir » de Wilhelm Moberg (*), j’ai plongé avidement dans le froid et les ténèbres du roman pour en sortir brûlante de passion, remarquable par son écriture délicate mais puissante.

Comme un feu de tourbe sous la neige, une tendre image des deux amoureux dormant corps contre corps sans esquisser le moindre mouvement prend forme en de doux rêves, se  propage en méchantes hallucinations, se métamorphose en noirs esprits jusqu’à devenir explosive  -mes lecteurs les plus âgés comprendront- qui livre la pure Botilla au démon Annika. Tant de corbeaux, d’oies, de milans.. avant de parvenir à la petite source de la prairie…

Nous sommes dans la Suède de la reine Kristina, dans une région se mêlent où champs, pâturages, lacs et forêts, dessinant les cicatrices du très ancien peuplement de la région. Svedje et les autres villageois de Brädebol travaillent dur, surveillant le court moment où il faudra semer pour assurer la survie familiale, retardant la livraison du trèfle, du seigle, de la laine, du salpêtre, du fourrage, des céréales, du houblon, des gigots de mouton, du fil de lin, de la toile, de la viande et des œufs à la couronne et à l’église protestante, sans parler de la dîme sur les fromages et les veaux… Malgré ces ponctions, les paysans se sentent libres : leurs domaines, leurs ancêtres les ont acquis de droit par le défrichement de la contrée,  depuis toujours aucun noble ne s’est interposé entre le Roi et eux.

Voilà que la reine Christine vend aux nobles venus d’Allemagne les droits d’impôts sur les villages ! Le haut seigneur lieutenant-colonel Messire Klewen obtient ainsi plusieurs villages dans sa manse seigneuriale et entend importer la corvée, ce que les habitants de Brädebol jurent de refuser de toutes leurs forces. D’autant que cette année-là, les conditions climatiques sont désastreuses, comme les années précédentes, et les douleurs de la guerre dans toutes les mémoires.

Peu à peu, partout la révolte gronde, l’explosion se prépare, le bâton de convocation circule… Lorsque Svegje fidéle à son serment à la communauté doit se réfugier dans la forêt, l’on a en nez très naturellement l’odeur du feu et de la poudre, de bruyère, de mousse et de bouleau auxquels l’arrêt du bâton de circulation apporte une giclée amère…

Superstitions, exaltations, nature violente, pesanteur des règles sociales et protestantes… Les ingrédients savamment dosés, une écriture fine et ciselée pour un texte fort, servie par une remarquable (**) traduction de Marguerite Gay donnent au roman de Wilhelm Moberg une vive saveur de chaud et de froid, une omelette norvégienne si je puis dire pour un ouvrage d’un grand auteur suédois !

(*) Le prénom  nom de l’auteur est écrit Wilhelm, tantôt Vilhelm. Je respecte l’orthographe de l’édition que j’ai en main.

(**)  Je ne parle ni n’écris le suédois, mais  l’on respire le texte à la « nordique » ;  il arrive que la traduction donne le rythme et le style de la langue maternelle du traducteur. Ce n’est pas le cas, elle coule de source, de la petite source de la prairie de Brädebol.

  •  A cheval ce soir, roman de Wilhelm Moberg,  Nouvelle éditions latines, collection «Les maîtres étrangers» Paris 1945, traduction Marguerite Gay.

Autre écrivain suédois d’un autre style Henning Mankell

 

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