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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

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Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

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V’la le printemps, vive les oiseaux

Soumis par sur 19 mai 2012 – 14 h 32 min

Un grèbe huppé sur un plan d’eau de Toulouse…

 

 

 

 

 

 

                                   …et un bécasseau variable sur le bord de mer ( Atlantique).

 

Deux belles photos de Jean Joachim, de l’Association Régionale Ornithologique de Midi-Pyrénées. 

Apaisantes images d’une nature encore vivante bien qu’en danger… Il y a quelques jours dans l’Aude j’ai même vu deux vanneaux. Cela m’a rappelé qu’il y a cinquante ans encore cet oiseau était chassé pour être mangé. C’était un gibier assez facile…

Vous entendrez le chant du bécasseau variable enregistré par Jean Roché sur le site http://www.oiseaux.net/oiseaux/becasseau.variable.html

Et le grèbe huppé une autre fois car je n’arrive pas à l’intégrer dans ce papier !!!

Et oui, c‘est le printemps, les oiseaux chantent même dans les villes bétonnées où si l’on tend l’oreille  l’on peut encore percevoir  leurs délicieux ramages. Pour encore combien de temps ? J’ai lu dans une revue spécialisée dont je ne sais plus le titre que les nuisances sonores des humains participaient à la disparation des oiseaux des villes : ils ne s’entendent plus « parler » et cela détruit  leurs relations sociales et amoureuses.  Terrifiant !

 Tourterelles et gabians

Heureusement, sur mon balcon les tourterelles à colliers viennent croquer quelques plantes aqueuses, et les gabians -plus futés- réclament à grands cris leur bassine d’eau fraîche. C’est devenue une coutume entre nous depuis une période caniculaire… 

Un jour, partie en laissant  grande ouverte la porte de mon balcon, je sens à mon retour une présence dans les lieux. Surprise, je m’empresse de faire le tour du propriétaire sans découvrir personne. Rassurée, je m’approche du balcon quand je vois, douilletement niché, étalé sur mon canapé de cuir, un beau gabian, un de ces marseillais à l’air canaille, vous savez : de ces gabians citadins nettoyeurs de rues dont les ancêtres furent pêcheurs et habitaient les roches de la corniche.  Je m’approche doucement, il se soulève en guise de révérence, déploie ses ailes poliment –belle envergure ! et me regarde en hochant la tête : nous étions à 30 cm l’un de l’autre, il avait un beau bec bien jaune et des pattes palmées puissantes, armées de fortes griffes- ou serres devrais-je dire ?

Le gabian marseillais a muté. Des équipes de savants ont étudié leur langage : ils n’ont plus un mot sur la pêche ni la mer ni le temps, mais un vocabulaire local moderne fait d’emballage fort, sacs poubelles plastique, sacs poubelles papier et autres mots du progrès. Au point qu’ayant enregistré leurs cris et ceux des goélands normands –en principe leurs frères – et les ayant passés à la moulinette d’appareils spéciaux,  ces chercheurs ont constaté que les deux colonies d’oiseaux n’utilisaient pas du tout les mêmes graves ni aigus et donc ne pouvaient vraiment plus se comprendre ! (*)

Canapé de cuir et pommes bio

Moi je ne parle pas couramment  le gabian.  Sans élever la voix, je le prie gentiment, dans ma langue maternelle, de s’en aller, mon index lentement pointé vers le balcon. Le voilà-t-y- pas qui se met à « caqueter », discutant ma demande avec véhémence puis,  tout en continuant à argumenter, se love plus profondément, sans vergogne, dans le creux du canapé. J’utilise alors des sons approchants les siens, ce qui  provoque des échanges vifs pendant presque cinq minutes ; c’est long et pénible de tenir une conversation riche et animée dans une langue que l’on ne parle pas… Il finit par se mettre sur ses pattes, égratignant mon beau canapé de cuir, se perche sur la table basse du salon, toujours jactant, m’apostrophant de plus en plus vivement. De guerre lasse, j’emploie à nouveau le langage humain et ordonne d’un ton ferme  : «  dehors, allez ! » J’ignorais que le gabian marseillais était dénaturé au point de comprendre la langue humaine. Il a vraiment râlé mais il est parti, oh ! lentement, par étapes : un pot de fleur, la rambarde du balcon et enfin la cheminée d’en face…

 Quelques jours plus tard, je pénètre dans la cuisine située sur l’autre face de l’édifice et trouve  mon gabian qui avait renversé les golden du dessus du panier à fruits et grignotait les trois pommes cachées, des variétés anciennes et non traitées données par un producteur d’espèces rares. Il a été surpris,  moi j’ai éclaté de rire ! Il a pris le temps d’engloutir son quartier de pomme, m’en a laissé un morceau et est ressorti à petits pas par la fenêtre qui ouvre par moitié dans le sens longitudinal ! Il m’a épatée.

 Depuis, il est souvent revenu notamment manger les plantes grasses du balcon, et même, en hiver, taper à la vite pour que je lui ouvre. C’était il y a un an et demi ou deux ans.
Il y a peu de temps, après une journée de chaleur et de pollution atmosphérique intenses, j’étais à la cuisine quand arrive « mon » gabian réclamant poliment mais fermement. Je ne l’avais pas vu depuis très longtemps ; je lui parle doucement et sans geste brusque je remplis sa bassine d’eau fraiche que je  dépose sur le rebord de la fenêtre. Ce n’était pas lui mais il y avait la même lueur dans le regard. Son fils ? Son frère ? Se sont -ils passé le mot de la bonne auberge ? Il a bu longuement, à 30 cm de moi qui lui parlais avec douceur ; j’ai remarqué qu’il avait les pattes et le bec très sales, comme tâchés de diesel, et buvait comme un vieillard en souillant son « bavarot »(*)  qui n’était pas blanc !  Il a pris son temps. Puis est arrivé un beau jeune adulte aux plumes, bec et pattes étincelants à qui il a laissé la place sans hésitation ;  j’ai bavardé avec le beau gosse dans ma langue maternelle, il écoutait mais ne me parlait pas ; cependant, moins craintif que son vieux copain il a trempé toute sa tête dans l’eau, sans être gêné par ma présence,  il a bu la moitié du contenu (30 cm de diamètre 8 de hauteur) puis s’est envolé,  toujours sans mot dire, vers je ne sais quelle planque.

Ici, certaines personnes ont peur des gabians, je connais même des phobiques. Certes, ils sont bavards, bruyants, un peu envahissants, indiscrets parfois,  ils lâchent souvent en plein vol les ordures qu’ils transportent mais, précisément, ils font le boulot des charognards d’autres cieux et tout rat crevé -et cela pullule à Marseille- est rapidement enlevé par leurs soins. En plus ils sont beaux, ils ne font de mal à personne ! Alors vous comprendrez ma farouche opposition aux piques anti-oiseaux qui sont autant de marques de barbarie que de c….rie ! Comme chaque tuerie inutile du vivant.

 * Quelqu’un saurait-il dans quelle publication spécialisée sur le langage j’ai pu lire ce travail sur le langage des goelands et sur celui des poissons ? Cela remonte à  » bien » dix ans ?

*Gabian = goéland en provençal.

* Bavarot en languedocien = partie du corps entre le menton et le poitrail, où l’on met le bavoir.

  •  Les photos sont de Jean Joachim de l’Association Régionale Ornithologique de Midi-Pyrénées. Elle sont un peu sabotées par le recadrage automatique du système de gestion de contenu que j’utilise  pour ce blog. Qu »il m’en excuse. 
  • L’association régionale ornithologique de Midi-Pyrénées publie une revue scientifique intitulée «  Le Pistrac » et  travaille avec Nature Midi-Pyrénées dont voici l’adresse :
  • http://www.naturemp.org/

 

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