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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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SOS Saint Blaise -2

Soumis par sur 14 mai 2014 – 14 h 35 min

               

Saint Blaise site gréco-romain la ville basse, période romaine . Ph. Mireille Durand 2009

Saint Blaise, la ville basse romaine,dégradée d’année en année. Ph. Mireille Durand 2009

 Suite de la balade à Saint Blaise (Bouches-du-Rhône), site archéologique gréco-romain majeur en Europe occidentale où soufflent des milliers d’années de présence humaine sur le point d’être réduites en poussière. Méconnu, voire oublié, un site à faire connaître et à sauver.

GEOGRAPHIE MOUVANTE AUTOUR DE SAINT BLAISE

 

L’éperon de Saint Blaise, site archéologique gréco-romain exceptonnel, est au cœur d’une zone mouvante.

Ainsi, le rivage antique 900 -800 av JC passait de l’étang de Fourniguet prés de St Gilles du Gard, s’incurvait vers le Sud-Est pour aller butter en gros sur une ligne dont les étangs et marais entre Mas Thibert et le marais du Coucou sont les témoins actuels.

Entre 700 et 400 av JC la ligne du rivage descend vers le Sud mais aboutit sur la même ligne ; enfin en 100 après JC, encore une inflexion vers le Sud pour aboutir aux actuelles collines à Lavalduc, l’Estomac étant alors un golfe marin ; itinéraire que je vous conseille de suivre en deux journées de balade printanière.

Fin de période grecque : le niveau des étangs est inférieur d’au moins 10 m du niveau actuel ; le site est toujours protégé par des falaises très abruptes sauf côté plateau, d’où ses fortifications remarquables ; la falaise côté étang de Citis a été « détruite » par le rejet des déblais des fouilles au début du XXème siècle !

Le delta du Rhône a souvent varié ; des photos aériennes récentes en montrent les tracés dont un, le plus « frais », plus à l’Est que l’actuel oriental, aboutirait entre l’actuel Fos sur mer  et notre site; pendant la période romaine le port des « fosses Mariannes » (de Marius) n’a duré que peu de temps, sa disparition assez brutale semble être due à une modification du tracé du delta et de l’ensablement. Dès l’antiquité, de nombreux canaux dans le delta relient directement Arles à la mer, ne l’oublions pas.

Denys le Périégète au sujet des bouches du Rhône mentionne : « Polybe censure Timée et prétend que ce fleuve n’a pas cinq bouches, mais deux : Artémidore dit qu’il en a trois. Plus tard Marius, voyant les bouches du fleuve s’aveugler par suite des atterrissements, et l’entrée en devenir difficile, creusa un nouveau canal qui reçût la plus grande partie des eaux du Rhône ; il le concéda aux Massaliotes comme prix de leur valeur dans la guerre contre les Ambrons et les Toygénes. Ce fut pour eux une source de grandes richesses, produites par les droits qu’ils font payer à ceux qui remontent ou descendent le fleuve. Toutefois la navigation reste difficile, à cause de la rapidité du courant, des atterrissements et du peu d’élévation du sol qu’on n’aperçoit pas, même de près, par les temps brumeux. Aussi des tours servant de signaux y ont- elles été élevées par les Massaliotes, qui se sont ainsi de toute manière approprié le pays. En outre, ils ont bâti un temple d’Artémis Éphésiénne, dans le même endroit, où ils ont choisi pour emplacement une île formée par les bouches du fleuve. (Boisverdun ? rebatun ?) Au-dessus des embouchures du Rhône se trouve un étang marin, qu’on appelle Stomalimnè, actuel étang de l’Estomac) qui fournit en grande quantité des huîtres et d’autres mets excellents. Quelques-uns ont compté cet étang parmi les bouches du Rhône ; ce sont ceux-là surtout qui affirment que le fleuve a sept bouches, mais ils se trompent en ceci comme en cela ; car il y a une montagne qui sépare le fleuve de l’étang ». Cette montagne c’est notre Mastrabale, notre Saint Blaise.

 

SAINT BLAISE NOEUD MULTI MODAL COMMERCIAL

Depuis le bronze final (2000 avant JC) le commerce est la raison d’être de Saint Blaise. 

Saint Blaise site archéolgique gréco romain, ; les bords de l'étang de Lavalduc où l'on peut imaginer un port antiique
Au pied de Saint Blaise l’étang de Lavalduc où un port aurait pu exister. Ph. Mireille Durand 2009

Depuis cette époque, la principale voie commerciale est « aquatique » via le Rhône et les étangs, notamment vers la suisse et l’Allemagne du sud, la Seine et son bassin, et avec les étrusques et les grecs avant même la fondation de Marseille, par cabotage maritime : « des vaisseaux à fond plat pour que l’esquif, offrant une carène plus large, pour glisser sur la mer la moins profonde ». Plus tard, par voie terrestre avec l’Aquitaine, l’Espagne et le massif central.

Saint Blaise est, dirait-on aujourd’hui, un nœud « multi-modal » vers la Crau, Arles, Glanum et le golfe de Fos. On les atteint par voie aquatique et terrestre, le golfe, des fois par le plateau terrestre ou par le bord de l’étang de Lavalduc qui a varié de 610 à -15m, On atteint Arles, la Crau par l’isthme du Plan d’Arenc vers l’Engrenier ou par les routes dont on a conservé les itinéraires sur les « cartes romaines ».

On a trouvé les vestiges d’un chenal creusé par l’homme au fond d’une calanque de Lavalduc et une grande structure, des grands murs rectilignes et de très nombreux fragments d’amphores archaïques, le tout faisant penser à un port. Une tradition transmise comme vérité jusqu’au XVème siècle fait état d’un « port de transbordement et de stockage » ; mais l’étang était et reste plus bas que le niveau de la mer…Est-ce la construction de Marius ou s’agit-il d’un port de marchandises antérieur ? Cette deuxième hypothèse est plausible.   

Saint Blaise site archélogique gréco-romain; au pied de l'à pic sur l'étang de Lavalduc,  des blocs évoquent un port antique.

Saint Blaise, blocs au pied de la place forte sur l’étang de Lavalduc. Ph. Mireille Durand 2009

 

Les routes vers Martigues et Port de Bouc comprenaient trois niveaux de roulage (comme les autoroutes actuelles), le réseau routier reliait St Blaise à Fos, Istres, la Crau, Arles, les Alpilles à Aix, Lançon, Aiguilles…Ce qui veut dire que St Blaise contrôlait d’un côte le pays salyen, de l’autre le territoire des marseillais.

On a déterminé qu’outre les huîtres cultivées, important trafic commercial à St Blaise, le site vendait du sel, des salaisons de poissons, de la viande d’ovins et de caprins que l’on peut imaginer salée, ou fumée vus les nombreux fours (un dans chaque maison à une époque) et les importants lieux et moyens de stockage. On a trouvé dans quelques textes mention d’étain pour lequel St Blaise aurait servi d’entrepôt.

Il semble que la forteresse agissait pour le compte d’autrui car il n’y pas trace de richesse individuelle. On était en présence d’une plaque de production et d’import-export importante mais pour quelle puissance ? Les habitants de Saint Blaise ont semble-t-il toujours été des artisans, des ouvriers industriels et des militaires de garnison.

La Crau connue aujourd’hui pour ses deux -voire trois – récoltes d’un foin aux qualités nutritionnelles exceptionnelles, était déjà citée comme source de richesse par Strabon (58 av-25 ap JC) Dans sa géographie, il écrit : « Entre Massila (Martigues) et les bouches du Rhône il y a une plaine qui est à cent stades de la mer, et dont le diamètre en mesure autant ; elle est de forme circulaire. On l’appelle la Plaine de pierres en raison du phénomène qui s’y est produit. Elle est en effet remplie de pierres grosses comme le poing, sous lesquelles croît l’agrostis, plante qui fournit aux troupeaux une abondante pâture. Au milieu séjournent des eaux, des mares salées, des dépôts de sel. Toute cette plaine et le pays au-dessus sont exposés aux vents ; mais celui qui y règne surtout est la bise noire qui y déchaîne son souffle violent et glacial. On dit même qu’elle entraîne et roule une partie des pierres, qu’elle jette les hommes à bas de leurs chariots et que la force du vent les dépouille de leurs armes et de leurs vêtements. Aristote dit que ces pierres, arrachées par quelques-uns de ces tremblements de terre appelés brastes, ont été rejetées à la surface et ont roulé dans les creux de ces terrains. Selon Posidonios, il y avait un lac qui, par suite d’une fluctuation violente, s’est desséché; les pierres du fond ont été ainsi brisées en plusieurs morceaux qui, comme les cailloux des fleuves et les galets des rivages, sont semblables, polis, et, outre leur ressemblance, d’égale grosseur. Les deux savants ont donné l’explication de tous ces détails ; elle est plausible chez l’un comme chez l’autre… Eschyle, qui avait observé cette particularité, ou qui l’avait apprise de quelque autre, la trouvant difficile à expliquer, la relégua dans le domaine de la fable. ».

Déjà on pouvait dire « sous le pavé la plage ! » Et l’or vert agrostis, robuste, peu fragile et nutritif.

A propos de Mastrabale (notre Saint Blaise) Rufus Festus Avienus mentionne : «  Prés de Mastrabale (mastramalé) Massilie elle-même (Martigues actuelle) dont voici la position : devant un lac s’étend le rivage de la mer ; un chemin étroit s’ouvre entre les eaux ; la mer en baigne les flancs, le lac entoure la ville, et les eaux se répandent même dans les rues et dans les maisons ; la cité est presque une île. Ainsi la main des hommes a fait pénétrer la mer dans les terres, le travail assidu des anciens fondateurs a triomphé à force d’art de la forme des lieux et de la nature du territoire ».

 

SAINT BLAISE UNE LONGUE OCCUPATION HUMAINE

 

Saint Blaise site archéologique gréco-romain mais avec des traces de vie à la préhistoire ?

Saint Blaise éperon Nord

On n’a pas retrouvé à Saint Blaise–mais a-t-on cherché ? – l’abri sous roche que la topographie désigne comme naturellement obligatoire, et qui aurait du être occupé au bronze final, période où l’homme est moitié éleveur moitié chasseur et habite de abris ou grottes en bas près des rivages (site préhistorique sur rive Nord de Lavalduc ?) ni celui qu’il habite au début de l’âge de fer : un habitat dit périssable sur des sites perchés (notre éperon Nord ?).

D’où viennent les pierres du site, un grés, mollasse marine du miocène ? Des carrières dites de La Couronne où l’on dénombre près de dix sites d’exploitation durant un bon millénaire.

A la Couronne (à voir également un magnifique habitat néolithique et récif de corail fossile) il existe de nombreuses carrières exploitées depuis la fin de la préhistoire. Tout au long des constructions et reconstructions du site de Saint Blaise les pierres ont toujours été extraites et taillées à La Couronne et transportées par voie terrestre (cf « autoroute » vers le Sud ») avec transbordement sur Caronte ? ou utilisation du port de St Blaise au pied de Lavalduc ? Dans ce cas comment ont-elles été hissées sur le site ? Mystère ! Quelques rêves tintinesques me font imaginer un hardi système d’élévation, mais c’est l’enfant qui parle. Cela a bien fonctionné aux carrières de la Couronne ! On devrait fouiller au pied de St Blaise sur l’étang de Lavalduc ou celui de l’Engrenier, non ?

Les carrières de la couronne présentent une stratification de bancs qui permet une régularité de la taille en nodules similaires dégrossis (préfabriqué en quelque sorte) ; à Saint Blaise, comme il n’y a pas de souci d’embellissement ni de retaille importante des blocs, en comparant les traces sur le front de coupe de la carrière à celles des blocs en place on sait exactement de quel lit elles viennent ; on peut identifier aussi les ateliers de taille sur la carrière. Les carrières étaient aménagées avec des glissières sur de fortes pentes, des quais de chargement et déchargement, des ponts, des chaussées solides, rampes d’accès et murs de soutènement. Les portes de St Blaise dont il ne reste que celle du Sud et de l’Ouest aujourd’hui, ont des rampes d’accès assez longues et des murs de soutènement plutôt forts.

On a retrouvé des cabanes d’ouvriers en bordure de Saint Blaise  ; si, en général, on connaît des équipes spécialisées itinérantes étrangères, ici les archéologues penchent pour des ouvriers indigènes pratiquant, au fil du temps, des méthodes de tradition hellénistique. Chaque ouvrier possédait ses outils et on peut parfaitement retrouver le travail de chaque individu dans les pierres, même s’il n’y a pas de marque ; on voit à la trace des outils sur le bloc si la taille a été exécutée au ravalement sur place ou avant sa mise en œuvre ; on voit également le sens de progression la construction. On voit des vices de construction qui sur des édifices à vocation plus sociale auraient été soit réparés soit cachés ; à Saint Blaise les pièces sont réemployées.

Tout ceci, plus les modifications sur l’édifice dans une même période de construction, révèle 1) que le commanditaire de l’ouvrage était en relation directe et étroite avec le chef de chantier et modifiait le tracé et l’agencement en temps réel 2) que le principal souci était l’économie. On n’est pas dans une place forte appartenant à un « roi » local belliqueux par définition avec artillerie défensive etc…Il faut noter qu’en Grèce les carrières étaient gardées militairement par des prisonniers de guerre… !

 

LE MYSTERE SAINT BLAISE : FORTIFIEE POUR QUOI,POUR QUI ?

 

Si l’on a trouvé dans la zone de Castelveyre des restes de vie du chalcolithique et sur Saint Blaise des âges de bronze ancien jusqu’à l’âge de fer, la première structure vraiment construite et organisée date du 7ème av JC ; depuis, Saint Blaise est resté une place forte plusieurs fois détruite par des causes naturelles (tremblement de terre, feu) ou après des changements de « propriétaires » mais sans guerre vraiment violente, avec une occupation parfois sporadique jusqu’au moyen âge. Les toujours très abondantes céramiques trouvées sur place sont importées de grande Grèce et d’Etrurie mais aussi indigènes.

D’après les couches fouillées, on a retrouvé des traces d’occupation humaine dès la préhistoire ; sur un lieu donné, charbons de bois et escargots peuvent être des conséquences de feux de forêt mais la céramique non tournée, des restes de 4700 av JC, des esquilles d’os disposés dans une certain ordre de type symbolique, des petites pierres, des indices de formation d’un remblai, des silex, un grattoir non retouché, une pointe de flèche, du corail rose, des fragments de coquillage, une dent, des foyers… Là ce sont des restes de vie humaine.

Ce qui étonne à Saint Blaise ce sont ses liens précoces et étroits avec les civilisations grecques d’Asie mineure et étrusques mais aussi avec Rhodes et Corinthe et ce, avant même la création de Marseille, dès le 7ème siècle av JC.

Ainsi à la période archaïque 625- 475 av JC, comme ailleurs, l’arrivée des étrusques entraîne la construction des premier murs porteurs en abode, des habitats de 10 à 20 m et des pièces rectangulaires ce qui suppose un regroupements de nombreuses personnes. De ces contacts antérieurs à la fondationde Marseille subsistent des céramiques notamment, des fragments d’amphores étrusques et des poteries classiques grecques, des amphores à vinaigre (saumure ?), des céramiques gréco-orientales, un fragment d’épingle de Hallstatt et des restes de cabanes incendiées. Les stèles réemployées dans le rempart hellénistique (tardif) proviennent de cette époque.

De cette période date sans doute le commerce de l’étain (le cuivre n’est jamais mentionné dans les textes lus) et donc le développemennt de la vocation maritime de St Blaise qui aurait été construit pour faire office d’entrepôt d’import-export (vin, étain?). Les salines naturelles aménagées ont sans doute contribué au développement industriel du site (restes probants d’élevage animal, de salaisons de viandes, d’élevages d’huitres,de salaisons de poissons, garum ? Et de métallurgie) mais cela n’a pas entraîné son enrichissement direct. D’où la question cruciale : qui possède et exploite cette place forte ?

Le site se concentre sur la ville haute (65m alt) qui, semble-t-il s’organisait autour de deux rues à angle droit, les autres étant des coursives étroites entre maisons. A part la maison à piliers dite du forgeron, les habitations sont à pièce unique, sans fenêtre, chacune possèdant un four. Pas une ville où l’on prend plaisir, ici on bosse !

 

Saint Blaise, site archéologique gréco-romain, détail du mur d'enceinte en faveur d'une simple place forte
Saint Blaise, détail de construction typique d’une place forte utilitaire

Le rempart reste l’élément le plus intéressant car bien conservé sur 400 m avec des tours ovoïdes dont deux en chicane autour de la poste Sud, sa courtine et sa tour arrondie du Sud où la porte de la ville est particulièrement en bon état. Côté étang de Lavalduc, sans doute peu de défenses car protégé par un à-pic vertigineux, mais où se situait la rampe d’accès au port ?

Pour avoir une idée du rempart initial il faut voir ses stèles réemployées dans le rempart hellénistique.

* Au début, il devait y avoir des fortifications de type défense statique c’est-à-dire une défense tenant sa position et ne bougeant que si la place est attaquée. Les places fortes de ce type sont nombreuses dans le monde grec, oriental surtout, mais elles montrent un caractère plus agressif qu’à St Blaise.

* Au VIème siècle, les maisons sont bien construites, c’est la pérode âge d’or qui correspond à la fondation de Marseille ; puis on assiste à un déclin progressif jusqu’au 4ème av JC. Il faut noter que le sol du site dans toute son histoire connue, tant dans la partie haute plus ancienne que dans la patrie basse, sera plusieurs fois nivelé, tassé, les dépôts d’ordures et de débris remblayés, tassés. L’urbanisation est un souci constant.

* 475-200 av JC, période classique. C’est l’apogée de l’industrie de salaison, avec un réseau de transport terrestre entretenu et aménagé.

* En 400 av JC Denys de Syracuse introduit la notion de tactique et de stratégie (grand circuit de défense-attaque autour du site et armes modernes : catapultes flèches enflammées jet de pierres) ce qui entraine une nouvelle architecture codifiée des places fortes ; on ne retouve pas cette orientation architecturale à St Blaise où l’on se contente de couvrir les tours pour utiliser la nouvelle artillerie.

Vers 390 Marseille déploie son hinterland économique. Entre 323 et 120 (hellénistique) on trouve des traces de feux importants (feux de forêts?) et de tremblements de terre.

* De la seconde moitié et à la fin du II av JC on note un réaménagement de l’espace intérieur avec macadam dans les rues et reconstruction du rempart dit hellénistique, un triangle de 1200 m de long d’une technique exceptionnelle fait de blocs réguliers ajustés sans tenons ni mortier et marqués par les tacherons ; à cette époque aussi naît le tracé orthogonal des rues, les habitations sont exclusivement des celliers.

Qui a commandité l’ouvrage ? Pour protéger quelles marchandises ? Sel ? Étain ? Charcuterie, poissons salés ? huitres ? Garum ?Combien d‘habitants permanents ? Toujours aucune trace d’édifice public (quelques blocs qui posent question mais on n’en voit pas l’origine), ni religieux, ni ludique.

Vers 280 av JC sévit une crise financière et sociale dans le monde grec entraînant des difficultés « globalisées », comme on dirait aujourd’hui. Difficile de constituer et payer des garnisons alors on raccourcit les circuits de défense ; à St Blaise la ville haute est donc « rapetissée » 

* 225 avant JC : apparaissent dans le monde grec les premières attaques type guérilla, petites mais partout et en même temps ; les lignes droites sont alors privilègiées, les tours basses et petites, les murs renforcés, les poternes diminuées ; à St Blaise on ne constate aucune ouvertures de tir et vue la dimension des portes, on comptait, si besoin, sur la tactique des sorties en défense agressive. La ville n’était-elle pas concernée par ces guerillas ?

* 200-175 av JC : réfection totale de St Blaise.

* 175 -120 av JC. De 125 à 123 présence de l’armée romaine qui en fait un camp ce qui peut expliquer le tracé orthogonal des rues de la ville d’alors, la ville basse.

* 1ère moitié du 1er siécle av JC , on trouve des traces de siège de la ville (boulets et pierres de jets) mais pas de destruction systématique, pas de squelettes non plus, ce qui prouverait que la ville a été prise sans violence et démantelée systématiquement après, comme symbole de la victoire. Elle pourrait avoir été détruite en 49 par César qui vient s’emparer de Marseille. En tous cas il y a abandon du site qui sert de carrière durant toute la paix romaine jusqu’aux invasions barbares de la Provence (Arles 480 ap JC).

 

Sait Blaise site archéologique gréco-romain, les églises paléochrétienne et du moyen-âge. Photo Mireille Durand 2009

*  Saint Blaise le Christianisme en deux périodes

Ugium paléochrétien est attesté dès le 6ème siècle ap JC ; l’habitat est protégé par une muraille faite de restes anciens ; deux églises sont édifiées St Vincent et St Pierre et une paléochrétienne à l’intérieur de la ville basse ; restent quelques sarcophages mais en aucun cas une nécropole ; on a trouvé des céramiques diverses et quelques monnaies des 4 -6èmes siècles ap JC ; la couche paléochrétienne repose directement sur la couche hellénistique donc rien entre 200 et 400 après JC !

Chilperic II roi wisigoth donc chrétien, mentionne les sources de Lavalduc et l’étang de l’Engrenier, il note l’existence de salines d’Ugium.

 

 * 874 : destruction de la ville par les sarasins ; mais au haut moyen âge sa position d’oppidum le fait se repeupler ; c’est période d’incursions dans les plaines, de là date, probablement, la basilique civile. La ville reste habitée, vers 950 écrits prouvent que de salines d’Ugium sont exploitées par l’archevêque d’Arles.

Ugium devient Castelveyre au moyen âge. En 1231 l’évêque d’Arles fait construire un rempart pour fixer la population à Castelveyre qui sera abandonnée en 1390 avec l’assaut des troupes du conte Raymond de Turenne apparenté aux rois de France et à la Papauté. 

 

Fin de la deuxième partie, suite au prochain numéro… 

saint Blaie site gréco-romain, calcaire coquillier témoin d'un très ancien élévage d'huîtres ? Ph. Mireille Durand 2009

Saint Blaise, calcaire coquillier témoin d’un « élevage » d’huîtres ?

Saint Blaise, site archélogique gréco-romain; partie Nord hors les murs, bloc taillé dans la pierre des "fosses à eau".Ph; Mireille Durand 2009

Saint Blaise, partie Nord hors les murs, bloc taillé dans la pierre des « fosses à eau ».Ph; Mireille Durand 2009

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