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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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Plus jamais un autre Xiquin Senahi

Soumis par sur 24 avril 2012 – 8 h 09 min

Utilisons l’outil éducation

Hermogenes Camey en 1977

Amis, bonnes volontés, esprits ouverts et coeurs généreux, vous à qui parle le nom de Xiquin Senahi, qui avez aidé sa population à se relever du tremblement de terre du 4 février 1976 (50 000 morts, plus d’un tiers du Guatémala détruit), aviez-vous su que ce hameau de Comalapa avait été rayé de la carte, ses habitants presque tous massacrés, il y a près de 30 ans ?

L’horrible vérité m’a été révélée au récent Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) à Marseille par un jeune Ixil, chef élu de la communauté de San Juan Cotzal (près de Nebaj pour ceux qui connaissent). Il se bat avec toute la population Indienne de cette partie du Quiché contre un projet de barrage hydroélectrique de la compagnie italienne ENEL. Ce projet dé-possèderait les habitants de leurs droits sur leurs terres coutumières, les paupériserait et les acculturerait.

Après les Cakxiqueles, les Ixiles ?

Un moyen rapide et expéditif de les faire disparaître de la surface de la terre ! Dans quelques semaines je serai capable, techniquement, de mettre en ligne un documentaire sur la lutte que mènent ces communautés spoliées pour la survie de leur peuple et de leur civilisation propre ; les Ixiles et autres peuples du Quiché ne veulent pas se laisser tuer comme les habitants du Peten, il est vrai plus isolé, moins peuplé…(cf. le film de Gregory Lassalle : « Dérives de l’art, dérivés du pétrole »).

C’est ainsi que j’ai appris l’exploitation de l’eau, du pétrole et des mines sur les terres Indiennes jusque là préservées.

C’est ainsi que j’ai appris ce qui s’est vraiment passé au Guatemala il y a presque trente ans et comment des villages entiers ont été massacrés avant d’être rayés de la carte dans une longue sale guerre passée inaperçue en Europe.

Quel choc!

Google earth ne saurait mentir

Pourtant à y réfléchir aujourd’hui, j’avais de sourdes inquiétudes depuis cinq ans environs, lorsque des amis guatémaltèques citadins avaient proposé de créer une association? fondation ? pour les enfants de Xiquin Senahi. Projet totalement irréalisable sur le plan financier, cependant cela m’avait incitée à re-chercher un contact direct avec les habitants du hameau, contact perdu depuis 1985.

J’avais donc utilisé Internet et les radios locale pour envoyer des messages…restés sans réponse, et même sans accusé de réception de la part des medias par lesquels je les envoyais. J’avais demandé à ces amis de me scanner une carte de la région de Comalapa car je ne trouvais pas sur Google Earth le hameau où, aujourd’hui, 35 ans après l’avoir quitté, je reviendrais les yeux fermés. Pas de réponse de leur part non plus !

Agacée par ces silences radios et sentant filer le temps, j’ai profité du FAME pour chercher à tout prix des guatémaltèques à qui confier un message. De guatémaltèque, en fait, il n’y en avait qu’un, le plus important sans doute, et j’ai bien failli ne pas le rencontrer ! Il m’ a révélé la vérité crue et nue, si terrible à mon coeur.

J’ai du mal à accepter la mort de ces êtres, mal à admettre mon ignorance des faits… Et pourtant cette révélation relie 1985 à aujourd’hui.

1985 : après un curieux message, reçu on ne sait comment, un ami photographe et moi décidons, avec l’aide clandestine d’un haut responsable Genêvois du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), de pénétrer les camps de réfugiés guatémaltèques installés aux Chiapas et déclarés zones militaires interdites par les autorités mexicaines.

Nous parvenons à recueillir de nombreux témoignages et prenons des photos avant d’être arrêtés par des militaires, qui au terme d’âpres négociation, ne mettront pas leur menace d’exécution à exécution. Mais nous ne rapportons aucun témoignage des habitants de Xiquin Senahi eux-mêmes ni de familles que j’aurais connues dans les autres hameaux de Comalapa : impossible les repérer dans cette masse apeurée car les autorités mexicaines leur avait fait quitter leurs costumes traditionnels pour des vêtements occidentaux.

L’éducation, outil universel

A notre retour, nos publications dans la presse européenne attirent l’attention sur ces camps. La Jeune Chambre Economique de Marseille, avec l’Unicef et la société DMC, lance une opération « réfugiés du Guatemala » et envoie dans les camps 20 tonnes de fil de coton pour que les femme puissent à nouveau tisser leurs huipiles qui constituent un élément essentiel de la culture Indienne du Guatemala et sont un indicateur du rôle social, familial, religieux et totémique de chacun au sein du groupe. Alors, les autorités mexicaines ouvrent alors la zone aux ONG et institutions ad hoc… Peu après, les camps sont vidés, les réfugiés renvoyés au Guatemala, et le contact avec Xiquin Senahi rompu.

Comment avait-il été initialement noué ? Maintenant que le fil de mon passé remonte au présent je le raconterai en détail une autre fois, mais pour être brève : dans ce pays où les éruptions volcaniques et les ouragans le disputent aux tremblements de terre c’est précisément un terrible tremblement de terre – le 4 Février 1976- qui m’a attachée à Xiquin Senahi.

Une formidable chaîne initiée par mes amis et ceux de ma famille en Allemagne, puis en France et en Belgique s’est amplifiée au point de permettre la renaissance d’un hameau de 350 habitants à quelques heures de piste de Comalapa. Xiquin Senahi tel qu’il nous est apparu au détour de la piste ravagée était un tas de ruines…Nous étions trois : un médecin de Médecins Sans Frontière et son mari ingénieur, en poste dans le pays voisin et « accouru » avec leur land rover aux premiers grondements de la terre, et moi. Le comité d’urgence qui nous avait équipés nous avait attribué le village de Comalapa où nous devions nous mettre à la disposition des secours sur place. Le séisme s’était produit la veille quand nous sommes arrivées à Xiquin …

L’urgence passée -évacuation des blessés graves, traitement des autres – je me suis retrouvée seule et c’est alors, qu’à des milliers de kilomètres, la chaîne des amis s’est constituée. Bref, en dix sept mois le hameau a été reconstruit : maisons légères anti-sismiques, petit hôpital en dur anti-sismique, réseau d’eau potable par éoliennes, école de trois salles de classe et leur équipement, constitution d’une bibliothèque, mise en place d’alphabétisation des adultes et implantation d’une coopération agronomique…

La civilisation Indigène maya est d’une grande richesse -de cela encore je parlerai plus tard- et le système social basé sur une très forte entraide, le tout cimenté par un souffle philosophique et religieux que nous avons perdu depuis longtemps en occident… !

Cherche survivants

C’est ce huipil pour repérer des survivants

Xiquin Senahy n’existe plus, c’est inconcevable, inacceptable. Hélas ce doit être vraiment vrai. Ses habitants sont poussière quelque part.

Y aurait-il encore des enfants et des petits enfants de ces amis de 1976 dont j’ai les 350 noms ?
Et peut-être que se dresse encore, dans un coin du cimetière, le grand pin sous lequel,un jour de Juillet 1977, une place a été formellement offerte à ma dépouille par Paulino Chuy, Sebastiano Curuchix et Hermogenes Camey, au nom de la communauté ?

Amis, vous qui avez aimé et aidé Xiquin Senahi, lecteurs inconnus qui en entendez parler pour la première fois aujourd’hui,y, vous qui abhorrez la haine, la violence, le viol sous toutes ses formes, vous qui rêvez d’une société harmonieuse, vous qui connaissez la vie des communautés Indigènes du Guatamala, je vous assure qu’il est possible d’inverser le mauvais cours des choses avec un outil simple, pacifique, acceptable par tous : l’accès à l’éducation. Il suffit de le mettre en action. En mémoire d’Hermogenes, Paulino et des autres de Xiquin et d’ailleurs au Guatemala.

J’ai quelque idée sur le sujet. J’ y reviendrai. Et vous qu’en pensez-vous ?

Hermogenes Camey subtil joueur de marimba et cultivateur de milpa observait un jour les jeunes coopérants « si savants dans leur domaine » et pourtant si troublés et si gauches dans la première cérémonie religieuse Indienne à laquelle ils avaient été invités : « quand nous, habitants de Xiquin (hameau de Comalapa) nous allons au chef lieu nous passons pour des bénets, des ignorants; quand un habitant de Comalapa se rend à la Préfecture, il passe pour un plouc ; quand celui de Chimaltenango va à la capitale c’est lui que l’on prend pour un ignorant et quand un habitant de la capitale va dans votre pays sans doute…. » Il se tait, réfléchit et conclut » : « Pas sûr! Regarde ceux là, ils sont venus ici sans doute pour trouver ce qu’ils n’ont plus chez eux ».

Ces Indiens du Guatemala, decendants directs d’une civilisation toujours vivace, se battent pour défendre leur essence et leur existence. Jacques Soustelle écrivait en 1982 : « depuis la côte septentrionale du Yucatàn jusqu’à la rive Pacifique, entre l’embouchure de l’Usumacinta et le golfe du Honduras, le pays qui fut celui des Mayas est encore dans une large mesure leur pays : non seulement parce que les monuments en ruine témoignent de leur ancienne grandeur mais parce que leur présence tenace demeure au Mexique et au Guatemala une composante fondamentale de la réalité actuelle ; le labeur patient des paysans Indiens, les dialectes Maya qui résonnent d’un bout à l’autre de ce vaste territoire, les traits de maint autochtone vivant qui semble avoir servi de modèle aux sculpteurs des siècles passés, tout évoque l’ethnie Maya et rappelle la contribution exceptionnelle qu’elle a apporté à l’héritage commun de l’humanité ».

  • Feue Xiquin Senahi, aldea del Municipio de Comalapa, Departamento de Chimaltenango.
  • Appel à quelques uns parmi les dizaines qui ont tant fait pour Xiquin Senahi : Janine, Jean, Francisco, Eduardo, Mmes Soler, Le Diraison et Bauer, le secours catholique de Villeneuve d’Asq… Faites passer.
  • Mes archives et photos sont pour inaccessibles ; dès que je le pourrai, je mettrai en ligne une relation et des illustrations sur le Guatemala Indien, avec je l’espère un suivi actuel grâce à divers relais dont le collectif Guatemala. C’est lui qui a produit le film « Dérives du pétrole, dérivés de l’Art » de Gregory Lassalle sur l’exploitation du pétrole dans le Peten.

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