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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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Lu de-ma bibliothèque

Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

L'air du temps

Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

A vendre livres Vieux papiers

Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

Inédits ou épuisés en ligne

Des ouvrages inédits, ou épuisés comme le roman "Le feu sacré", roman d'aventure initiatique sur le feu de forêt à lire sur votre écran.

Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

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Marseille amour-haine, ciao

Soumis par sur 17 avril 2014 – 8 h 56 min
Ciao Marseille

Ciao Marseille

  Ah ! Marseille ! Tant de haine dans notre relation publique plus forte que tout l’amour, à nus, dans l’intimité !

 Depuis que nous nous connaissons – cela fait 30 ans, mais je ne compte pas les brèves rencontres de mon enfance- je  suis passée d’un amour aveugle, amusée par ses enfantillages, ses marotes, ses caprices d’enfant gâté et ses faiblesses  qui ajoutaient à son charme naturel, à une pulsion de violence, envie de frapper, d’écraser ses indolences, son laisser-aller,  son inculture, son incurie, ses vices, son mépris de l’autre et de tout ce qui dépasse son nombril.

Une fois encore, mon impuissance à obtenir un acte -banal pour tout un chacun- m’avait mise dans un état de rage absolue à son encontre, mon esprit fuyait déjà, rapide, loin, pour toujours. Ne plus en entendre parler ! Mauvaise, je rageais, la détestant d’être à mes côtés, en moi ; je la haisssais d’avoir fait de moi sa prisonnière et mon air, mes mouvements, trahissaient cette poussée de haine, qui m’avait déjà assallie auparavant, je l’avoue. J’étais envahie par ce besoin urgent d’en finir entre nous, quand, perfide, elle m’a révélé une brève intimité : parée de soleil, vêtue d’un voile bleu, couchée sur son lit lit blanc et vert comme en un écrin. Son parfum si sensuel et ses sourires si engeoleurs sous un fard pourtant dégoulinant…

 Ah ! elle sait y faire ! C’est aussitôt reparti comme au premier jour (enfin, pas tout à fait!), je n’ai vu que ses qualités, sa beauté… à nouveau submergée d’indulgence !  ‘Faut dire que je l’aime ! Et que je la hais !

 Je l’aime dans notre intimité, quand elle me livre sa beauté naturelle, quand le ciel pur et le vent fou, malgré les poubelles qu’il éventre alors, la rendent vive, piquante et lumineuse. Je l’aime quand les odeurs épicées d’un plat au coin d’une rue me chatouillent l’estomac emportant au loin ses odeurs sui generis plutôt effluves empoisonnées… Je l’aime quand, dans n’importe quel lieu public, elle sucite la conversation spontanée entre inconnus qui certes aboient plus qu’ils ne parlent (le mistral rend fou et sourd, paraît-il) mais échangent des choses chaleureuses, de bon sens, toujours enrichies d’une pointe d’humour aïllé.

Je l’aime quand, rares moments, elle ne fait pas de chichis, reste elle-même : profondément populaire, indifférente aux jugements d’autrui, s’acceptant telle qu’elle est, vraiment particulière, avec son look unique, ses codes de beauté, pas souvent propre, très souvent négligée.

Mais voilà ! Ses bons côtés sont de plus en plus difficiles à trouver, sa grâce à capter.

Je la hais quand se laissant aller à son penchant naturel, elle fait la pute avec n’importe quel beau parleur qui lui raconte n’importe quoi qu’elle gobe sans la moindre réflexion; je la hais quand, exhibitionniste, elle se donne, vautrée, à ses macs en titre, un contre-pitre monté en culbuto dont la cervelle molle se déplace dans la boite crânienne au rythme de ses mouvements, ou un ectoplasme suintant, ricanant, perfide, qui la suce jusqu’à la moelle. Quant aux seconds couteaux qui lui font de l’oeil, petites frappes qui mangent les miettes des premiers, ils se servent d’elle pour de basses besognes, de plus en plus rapprochées ; là encore, négligente, elle laisse salir ses toilettes et ternir ses atours naturels. Ils lui manquent totalement de respect, elle s’en fout. Et cela je le le lui pardonne plus.

C’est une fille publique que la chose publique, quelle qu’elle soit, ne concerne pas. Et cela non plus je le le lui pardonne plus.  Par paresse, par passivité, elle encourage la vulgarité et la médiocrité et par un effet pervers, plus le temps passe, plus elle confond le populaire et le vulgaire, la décontraction et le laissez-aller. Vaniteuse, il suffit qu’on la flatte, lui bèêeele combien elle est la plus belle, la plus intelligente et la plus délicieuse du monde et la voilà offerte sans retenue…

Je la hais quand elle la joue « estrangère du dehors », parlant « pointu » tout en en rajoutant dans le genre cagole -mot qui contrairement à ce que croient les marseillais n’est pas un mot marseillais mais un mot commun aux langues du pourtour méditerranéen héritières du latin et vient de caguer ou CHIER. Une chieuse ou chiarde, ou chiante ? Un peu des trois pour faire un tout.  Je la hais quand elle fait étalage de son inculture sans même s’en rendre compte et, surtout, surtout, je la hais quand elle agit uniquement selon ses propres désirs et plaisirs au mépris des règles les plus élémentaires de la vie en société. Ce qui est devenu sa seconde nature.

Si des esprits peu exercés peuvent encore être trompés, moi qui la vois nue et crue, sereine sous une voûte étoilée ou souriante sous un ciel profond, ou encore vêtue de ces grandes capes grises plissées par le vent qui la transforment en un Zeus tonitruant, moi qui connais son essence divine lointaine, sa polymorphie héréditaire, je rage qu’elle les ait oubliées et je la hais de la voir se décomposer lentement mais sûrement jusqu’à la mort, dévorée par son monstrueux ego, sourd, muet et aveugle.

Ses charmes, elle les doit à la Nature et aux gènes différents qui l’ont constituée, à son côté bonne fille (initialement et jusqu’à un certain point) et à son repli sur son univers  qu’elle s’est créé.  Las ! Avec le temps tes charmes s’évanouissent, ma belle ! l’extérieur grignote du terrain et apporte son lot de changements, bons et mauvais…

Lasse, je suis finalement sortie de tes rets, je t’ai quittée : cela commençait à trop fortement sentir le sapin pour nous deux ! 

Adiu ma mio, S’es anamat l’amant fidela que me disié tant de douçous …   Premier vers de « Lou Languiment », oeuvre de Lou Roussignoù de Magalouna dans Pages occitanes à lire sur le site d’Annie et Claude Barret.

Sans regret, vé ! Marseille !

Comme tous les amoureux transis un lien secret...

 

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