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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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Lu de-ma bibliothèque

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Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

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Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

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Délices (!?) du saucissonnage (Loi du silence 15)

Soumis par sur 15 juillet 2012 – 6 h 25 min

Novembre 2002 – Hier j’étais très mal en regardant ce texte plein de fautes et d’inversions ; j’aurais dû le laisser et le copier/coller pour le corriger dessous. C’est vrai que depuis trois jours j’ai des maux de tête non stop, la tête lourde et qui tourne. En général je fais des fautes de frappes mais franchement pas autant ; souvent c’est plutôt que je colle des mots par exemple presque toujours « et de » qui devient « etde » et que le correcteur d’orthographe me propose de transformer en « aide », je tape vite et colle pas mal de mots ou saute des lettres ou alors j’anticipe une syllabe du mot suivant pour que ma main suive ma pensée c’est surtout quand j’écris un texte littéraire.

Je pense que les traducteurs devaient être des gens ne connaissant la langue que phonétiquement ; parfois cela surprend. C’est comme les prospectus maintenant que je me familiarise avec le coréen je vois bien qu’on leur a fait traduire les modes d’emploi, la construction de leur langue transparaît. Jusque là six fautes de frappe.

 Le

Ce matin aussi cela tourne, cette nuit aussi cela tournait. Le plus gênant c’est cette douleur sourde et persistante depuis déjà quelques mois. Le nrmg donné par le neuro psy hospitalier n’est pas indiqué selon le Pr Inter ;  du coup je vais me rabattre sur l’aspirine de base qui paraît-il n’est pas indiqué non plus. Alors ?

La formation m’irrite ; entendre parler sans cesse m’est douloureux. Ne pas bouger et rester femme-tronc pendant 8 heures par jour : cours, cantine, transports et ensuite écriture ici… contribuent, je pense, à augmenter mes divers troubles.

Eu mon cousin hier soir au téléphone car mon généraliste souhaite me faire changer d' »école » médicale. Il a quatre patients neuro de mon type atypique et a dû en envoyer deux à l’hôpital militaire et deux au CHU voisin pour avoir les examens poussés.
Isa me disait l’autre jour qu’une amie de sa belle-mère avait perdu l’an dernier sa fille 55 ans d’une v MCJ, ici, et que les médecins avaient fait signer à la famille un document lui interdisant de faire mention des causes du décès de leur fille. Dans leur détresse ils ont signé mais la mère, âgée et très très mal, est pleine de remords que la religion ne peut lui enlever.  J’ai demandé si je pouvais avoir connaissance du document mais Isa m’a dit que sa belle-mère n’oserait pas le demander à son amie qui est dans une extrême détresse morale.

 Novembre 2002 -Passée chez mon généraliste pour remplacer le nrmg, lui ai montré mes blessures aux cuisses et jambes il a été atterré, il pense que le neurologue de ville a un problème sexuel ou est fou. Il n’a jamais vu ça ; il ne lui enverra plus personne. Doit voir avec Ge pour des explorations plus lourdes. ENFIN !

 Novembre 2002 – Eu Ge moi-même qui relativise : « si tu avais une vMCJ tu ne serais pas dans cet état ».  Ok mais avant d’être dans cet état on peut avoir des dégradations annonciatrices, non ? et la SEP ? Ils ont échangé leurs informations, cela suit son cours, mais  c’est un cours si lent…Flo m’a donné l’adresse d’un très bon médecin qui va au fond des choses. A Paris. Je leur donne jusqu’à la fin de l’année.  Alors, tant pour mes projets professionnels que mon état, il faudra des actions radicales.

 (…) j’avais, trente ans auparavant, suivi pendant deux années un traitement lourd dont j’avais failli mourir ; aujourd’hui on lit : « anomalies lentes temporales gauche augmentées par les deux hyperpnées qui leur confèrent un aspect discrètement irritatif. »

(…) des crampes, une boule au pli du ventre, à gauche du nombril. Au début, FA avait dit c’était une hernie ombilicale à ne pas toucher, puis cette chose s’est développée à l’intérieur au point de m’empêcher de me plier; quand mon généraliste la palpe il en cerne les contours, pas petits, mais là encore rien n’apparaît aux divers et nombreux examens, découpages en rondelles, bombardements etc.. Pourtant elle me gène et parfois sa présence est douloureuse sur le reste de l’abdomen ; cette semaine j’ai tout eu. Y compris le boa constrictor qui me réveille la nuit et qui me permet aujourd’hui de venir taper. Les boules aux pieds  me font bondir ; par moment elles rentrent et se font si petites qu’on ne les voit plus, à ce moment là elles ne font pas moins mal.

29 Novembre 2002 – Brutalement le boa a migré dans des étages inférieurs ; je trouve que depuis quelques temps ces troubles sont plus violents, les « spasmes » sont parfois visibles à l’œil nu et bien palpables sur simple application de la main. Les crises sont aussi plus brèves mais plus rapprochées.

Supprimé la gnsrn comme me l’a demandé et le Pr Inter et mon généraliste, pour le moment peu d’incidence ni dans un sens ni dans l’autre ; par contre le fait d’avoir pris la décision de publier mon journal d’avoir enlevé dates noms et lieux et de la voir prêt à être lu,  m’a soulagée psychologiquement. Quand ? comment ? Cela reste à voir.
Qu’on me dise que je « présente encore bien », me tue et tant que je suis à peu près bien, que je vois et contiens certaines anomalies, je voudrais être entendue.

Pris RV avec la psy de Vero qui était pas mal mais fumait comme un pompier.

Mes blessures à la jambe commencent à disparaître. Mais, sans rapport : les douleurs le long des muscles (ou tendons ou trajets) deviennent plus fortes et j’ai constaté que monter quatre fois par jour les escaliers du Lycée ne me faisait pas « faire de l’exercice » mais était plutôt mauvais. Je peux marcher à plat, monter une pente même en soufflant mais plier la jambe de façon régulière et répétitive donne de violentes douleurs le long du dessus de la jambe sur quelque chose qui finit par la bloquer. Pas l’impression que ce soit un sain exercice de dérouillage.

 Le 03 Décembre 2002 – Nouveautés de Noël : depuis quelques jours, au réveil et pendant une bonne heure, en plus des troubles de mise en route habituels, un rond blanc opaque sur l’oeil droit me cache la vue ne laissant qu’un faible liseret aux contours. En plus, mes maux de tête sont incessants jour et nuit ponctués de crises plus ou moins fortes. Comme l’a demandé le Pr Inter, abandonné le nrmg, mais le dlprn est un emplâtre sur une jambe de bois. Je recommence aussi ces fourmillements qui bloquent tout mouvement à la main droite. Mon membre est alors mort. Cela arrive sans crier gare et finit en de longues douleurs brûlantes le long du bras jusqu’au dessus du coude. Le baume chinois est sans effet. Mon gros orteil du pied gauche est à nouveau saucissonné et le droit devient « douloureux d’insensibilité » par le coussinet. Enfant, dans une île tropicale alors peu habitée et « sous développée », les saucissons représentaient, pour les rares d’entre nous à en avoir mangé dans la « mère patrie », une denrée du domaine du paradis gustatif ; on avait décrit aux autres les délices du saucisson/pain, (au pays du riz) ,  comment cela se présentait etc. Nous fantasmions tous sur l’inaccessible saucisson. Nous jouions à des jeux collectifs de nos inventions sans jouet fabriqué, nous adorions les jeux exotiques : nous étions passagers et équipage d’un DC 6 qui volait trois jours à regagner la mère patrie ; nous étions clients d’un hôtel là-bas, car dans notre île il ne devait y en avoir qu’un que, bien sûr, aucun d’entre nous n’avait visité ; nous jouions au malade hospitalisé…tant de situations extraordinaires et luxueuses. Nous nous partagions les rôles, mais il y avait toujours un cuisinier désigné. Il ramassait quelques huîtres sauvages, quelques fruits dans la campagne qui aurait fait le bonheur d’Alphonse Allais car la ville était alors vraiment à la campagne, et dans le meilleur des cas récupérait des composants chauds du plat national auprès des « cuisinières » familiales ; mais il n’y avait pas de saucisson et, là, on devait faire semblant. La frustration devait être si forte que nous volions des élastiques (précieux pour l’époque et le lieu) et nous nous boudinions les pieds ou les mains jusqu’à ce que la douleur soit intolérable ; alors les saucissonnés se révoltaient auprès du cuisinier et nous libérions les membres colorés, avant de changer de chef par un vote spontané, démocratique et à effet immédiat. Il n’y avait aucune abstention, chacun levait la main bien haut et hop ! on repartait dans imaginaires du point où nous l’avions laissé avant la rébellion.

Dans les feuilles volantes de 2001 que je viens de retrouver et que je n’ai pas encore retranscrites, je parle du saucissonnage (sans aucun élastique) qui m’a fait souffrir de longs mois, la nuit, pour disparaître comme il était venu. Idem pour ces « fourmillements » qui n’en sont pas vraiment, mais des bulles de champagne piquantes et douloureuses qui montent vers le bras ou les cuisses, brûlant le trajet suivi, accompagnée de décharges électriques fulgurantes très douloureuses, jusqu’à ce que le membre touché soit totalement mort, inerte mais pas raide. Cela revient depuis quelques temps, pas tous les jours.

 Le 5 décembre 2002 – Il y a une bataille interne à mon corps que je ne maîtrise pas mais dont je fais les frais de plus en plus pesants ; impossible de comprendre si c’est une toile qui craque —  mais alors les symptômes seraient presque identiques bien que différemment localisés — ou si c’est un ensemble de mécanismes et autres liens et échanges qui se détraque : avec la tâche à l’œil droit, je titube un peu moins le matin, ma main devient de plus en plus indomptable mais « je présente encore bien » ; quant aux fourmillements et insensibilités dans les bras et jambes, ils reviennent en force et s’accompagnent de brûlures ou déchirures très brutales et très brefs le long du pied à l’aine et des doigts au milieu du bras ; en cours j’en arrive à ne pas pouvoir étouffer des petits cris de douleur, les migraines et la tête lourde qui tourne sont installées. Tout  cela me rend hargneuse, je deviens de mauvais humeur et agressive car c’est un état permanent de douleurs, supportable certes, mais bien présentes. Et dans l’indifférence générale il faut que je mène ma vie, harcelée par les difficultés administratives et matérielles car, dans ce pays, quand on est en situation de faiblesse on est toujours d’avantage assommé ou noyé par le système (EDF par exemple qui fait sans cesse de l’abus de faiblesse avec les pauvres et les vieux et dont je dois corriger toutes les factures, agents de base des recettes des impôts qui opposent un mur de bêtise incommensurable au moindre essai d’argumentation, préfet qui prend des décisions financières vitales pour des individus dont il ne soupçonne pas une miette de vie, diverses administrations d’aides qui justifient leur fonction en faisant perdre à l’individu ses dernières forces en paperasserie …) Il y en a à dire sur un système dont l’objectif final est simplement de faire vivre des fonctionnaires sur le dos des moins aisés au nom d’une lutte contre la précarité ; en réalité on installe la précarité, je le vois bien, et on fait tout pour y faire tomber un peu plus ceux qui sont en lisière. Aujourd’hui je vais devoir aller au cours sans intérêt et trouver le temps de me battre contre une menace de saisie du syndic qui pourtant était tout à fait au courant de mes difficultés et avait rempli le dossier d’aide du conseil général ; me battre contre la trésorerie qui me harcèle (je pense à un ex-jules, vexé que je l’aie largué, corrompu jusqu’à la moelle comme le reste de la famille également fonctionnaire des impôts), et qui fait semblant de ne pas comprendre ce que RMI et cessation anticipée d’activité signifient….

Bon, allez, ‘faut-y aller.  Heureusement je peux encore m’exprimer, cela me sauve.

 Le 5 Décembre 2002 – Est-ce bien utile et raisonnable de vouloir recréer une entreprise ? D’un côté ce sera très difficile, de l’autre cela fera travailler mon cerveau, puisque le plan cognitif est pratiquement intact ; au moins par des exercices je lui évite une dégradation. Mais pourquoi les médecins attendent-ils que je ne « présente pas bien » ? Ce sera trop tard pour moi. Et ce qui compte c’est MOI quand même– en tous cas pour moi.
Me suis remise mollement à mon roman en attendant de laisser décanter le projet professionnel initial. 

 Le 06 12 2002 -Rien ne s’arrange, les douleurs commencent  à me rendre sérieusement hargneuse. Eu C. au phone, ses recherches portent sur le prion. Elle me conseille vivement de changer de crémerie et d’exiger le droit de savoir. Même si elle confirme que pour le prion ce n’est pas facilement détectable et que si l’on n’en trouve pas, cela ne signifie ni qu’on n’est pas atteint, ni qu’on le soit. Mais une PL permettrait un diagnostic sûr de sclérose en plaques ou d’un autres pb neurologique ; pas de réponse à mes mail, c’est un abondon total même de mon généraliste. Je commence à craquer sur le plan psychologique je me demande si ce n’est pas ce qu’ils cherchent tous.

 ( à suivre). La loi du silence in Heureux les orphel:ins stériles © Mireille Durand

 

 

 

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