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28 septembre 2016 – 14 h 37 min |

La dictature de l’algorithme, vade retro Facebook !
  
Cet automne, ma parano saisonnière est revenue ! Mais je vais en guérir, je sais d’où elle vient ! C’est la faute, non pas à Voltaire ni …

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Lu de-ma bibliothèque

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Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

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Accueil » La Loi du silence

Les circuits de captage et commandes de renvoi déconnent (Loi du silence 12)

Soumis par sur 6 juin 2012 – 11 h 53 min

Septembre 2002 – Formation : départ maison 7 heures du matin retour 18h30 ; le seul hic c’est qu’on reste assis 11 heures par jour ! Très lourd pour moi car ce sont des matières totalement inconnues. Bon, il faut que je me remette à écrire.

 Septembre 2002 -La jambe marche mal, la main aussi. Ah ! les tarés qui mettent les médicaments dans les boîtes : le système de fermeture est toujours à l’envers ; normalement on regarde le dessus de la boîte et du côté droit on sort la pliure et la fait basculer vers le bas ; comme cela on ne risque pas de faire tomber le contenu, on voit ce qu’on sort et c’est aisé à faire. Et bien trop beau ! Plein de laboratoires font le contraire. Où et par qui font-ils conditionner les médicaments ? Des machines conçues en dépit du bon sens pour les vieux qui ont des difficultés de mains. Je constate que mon cerveau a les capacité normales à comprendre (cognitif) par contre il y a des signes qui m’échappent par moment.

 Maman me fait plein de bons petits plats, cela remonte le moral. 

Septembre 2002 -Recommence à avoir des urines coca cola, cette fois-ci je ne bouge pas puisque je vois Pr Inter en novembre. Et tant pis ou tant mieux si mon état est mauvais. Quand j’avais sans cesse du sang frais dans les urines ou des selles noires ou des urines coca cola l’on m’a fait des dizaines d’examens et notamment parasitologiques. Un jour, un labo de Lyon m’a dit  que l’on ne trouverait trouvera pas ce que demande mon toubib car « on n’a plus, en France, les réactifs ni les produits pour chercher », il faudrait  s’adresser en Allemagne ou en Grande-Bretagne. J’étais très mal. Finalement O, mon copain médecin africain m’a dit : « en Afrique on n’a pas les moyens ni le temps de chercher, on traite en procédant par élimination ; puisque tu avais des amibes enkystées au foie, trois jours de flagentyl ». Tout  est rentré dans l’ordre jusqu’à aujourd’hui. Quand je l’ai dit aux autres ils ne connaissaient pas le flagentyl et ont eu l’air sceptiques !

 Le  ?

 Hier journée très difficile qui a mal commencé ; au réveil impossible de marcher ni de ternir debout normalement pendant longtemps, butais dans le couloir, contre les meubles ; pendant que je me préparais, ma main droite a sans cesse fait des bêtises; quand il a fallu que j’enfile mon pantalon, ma jambe gauche a complètement refusé ; il y avait longtemps qu’elle ne m’avait pas fait ce coup ; pour mettre le pantalon et pour enfiler ma chaussure il a fallu que je la prenne à deux mains que je lui fasse tout faire mais ça a pris cinq bonnes minutes et les chaussures une éternité, seule ma main gauche était habile. J’étais enragée. Et le T shirt ! Quels sont les imbéciles qui repassent le linge et notamment les chemisiers ou T shirts à boutons en fermant les boutons ? Boutonner et déboutonner ! Hier il m’a encore fallu trois minutes– éternel– déboutonner les quatre boutons qui ne servent à rien sur un T shirt qu’on laisse généralement ouvert ! Fermer un chemisier qui vient d’être lavé pour le déboutonner et reboutonner quand on le met, c’est tout simplement un truc de con, encore une de ces activités polluantes inscrite dans nos cerveaux selon des codes et principes artificiels qui doivent correspondre à un lointain besoin de se justifier, à une quelconque culpabilité ou autre. Si j’étais bien, je réfléchirais plus longuement sur les gestes inutiles. Pour les T shirts l’argument de celui qui le fait — « cela se repasse mieux »  ou « cela se plie mieux » –aggrave le cas.

Heureusement que maman est venue, sinon je n’aurais pas la force de me faire à manger. Et pas les moyens non plus.

 Septembre 2002 -Malgré mes entorses, la montée à l’école me fait du bien, mon cerveau s’oxygène et se recharge. Pourtant j’ai quand même des difficultés à suivre le cours. Par moments, je ne conceptualise plus, c’est-à-dire que ce que l’on me dit, je l’entends, je le vois en lettres ou en chiffres, mais je ne le comprends pas ;  ce que j’ai sous les yeux je le vois mais cela n’a aucun sens pour moi, cela ne me parle pas. C’est surtout vrai pour les chiffres, mais aussi parfois pour des mots. Est-ce lié à cet apprentissage intense d’une matière qui m’est totalement inconnue et qui fait appel à une logique radicalement différente de la mienne ? En tous cas c’est nouveau pour les lettres ; pour les chiffres, ma comptable l’an dernier m’avait fait remarquer que j’avais un problème de cet ordre. Cela rejoint les trous d’espace et de temps que j’ai régulièrement mais de façon de plus en plus fréquente quand même.

Octobre 2002 – J’ai l’impression que par moment la machine n’est plus alimentée et s’arrête ; comme les2 C.V. de mon enfance quand il y avait une saleté dans le carburateur. Depuis quelques années je ruine la sécurité sociale, mais une force de survie énorme, seulement maintenant elle s’épuise et je n’ai rien pour la renouveler.

P.S : la première cause de mortalité dans le monde c’est la vie, et on l’oublie sitôt appris.

 Octobre 2002 -Fatigue, je ne sais pas comment je suis physiquement en vie aujourd’hui ; chaque jour est un effort pour tenir, et heureusement que je déborde d’instinct de survie et que maman me nourrit; cela dit, mon cerveau arrive à travailler 7 heures par jour sur une matière inconnue et ingrate ; je n’en comprends pas tout, mais c’est normal. Même dans le domaine de l’apprentissage ou de l’acquisition de connaissances il faut laisser des choses en route ; mais quand on accepte ce principe on est un vieux con, un fossile. Abandonner en chemin des choses fortes de la vie c ‘est agaçant, elle est si courte pour qu’on accepte d’abdiquer sans cesse.

Perdu la moitié de mes cheveux depuis un an. Cela ne se voit pas trop car j’avais de la réserve, mais n’empêche : ils tombent par poignées. Je m’en aperçois aux doses de shampoing : de quatre je suis passée  à deux et avant il fallait plus d’une heure de séchoir, maintenant c’est fait en une demi-heure. J’ai gardé ceux perdus au dernier lavage dans un pot pour les montrer au toubib le 14. J’ai décidé de ne pas les couper à mon âge si on a la chance d’avoir de nombreux et beaux cheveux il faut cacher sa nuque et son cou vieillissants ; l’on a déjà les seins moins frais ses fesses plus molles, alors il ne reste qu’un atout sexuel : une masse de beaux cheveux.

 Octobre 2002 -Cette semaine très mal à la voûte plantaire, je crois que c’est le sentier dans la colline *  (qui va du terminus du bus à l’école) , il est pentu, plein d’épis calcaires, glissant comme du savon. Mes boules grossissent et diminuent sans que j’aie pu trouver un lien avec quelque chose. Au début il y a trois ou quatre ans, c’était une boule sous la voûte droite, bien ronde, petite, très douloureuse au toucher ; heureusement j’ai les pieds très voûtés alors cette partie du pied touche rarement la semelle ; puis il y en a eu une seconde en chapelet sur le trajet d’un tendon ? nerf ? Puis deux autres sous le pied gauche ; mon généraliste fait faire plein d’examens, l’on ne voit rien, alors qu’on les voit à l’œil nu et qu’au toucher elles me font bondir ; par moment elles rentrent et se font si petites qu’on ne les voit plus , à ce moment là elles font mal aussi. C’est comme ma grosse boule au pli du ventre, à gauche du nombril. Au début, mon toubib avait dit c’était une hernie ombilicale à ne pas toucher, puis cette chose s’est développée à l’intérieur au point de m’empêcher de me plier; quand mon généraliste la palpe il en cerne les contours, pas petits, mais là encore rien n’apparaît aux divers et nombreux examens, découpages en rondelles, bombardements etc.. pourtant elle me gène,  parfois sa présence est douloureuse sur le reste de l’abdomen. Cette semaine j’ai tout eu. Y compris le boa constrictor qui me réveille la nuit et qui me permet aujourd’hui de venir taper.

Il paraît que la génésérine et le ditropan sont des médicaments à effets contradictoires. Ils marchent sur mes symptômes localisés, alors le neuro psy hospitalier se penche sur l’interaction médicamenteuse. Depuis mon enfance j’ai des réactions paradoxales ou paroxysmiques à la plupart des médicaments ; ils m’ont loupée à la fabrication. On est tous un peu loupés à la fabrication il nous manque quelques semaines d’usinage mais moi, en plus, ou en moins, ils ont loupé la sortie. Un poulain ou un autre quadrupède se met debout et marche en quelques minutes, les mammifères sont plus rapides que nous ; entre le moment où un chat naît, ouvre les yeux et peut être sevré, sur sa durée de vie cela fait un apprentissage bien plus rapide que le nôtre.

J’attends avec impatience la visite chez le Pr Inter, mon généraliste souhaite (vraiment ou pas ? peut-être qu’il me leurre, lui aussi) une ponction lombaire et plus s’il le faut (prélèvement d’amygdales). JE VEUX SAVOIR. Je n’ai pas l’intention de mourir idiote et de laisser les médecins fuir leurs responsabilités comme ils le font depuis que l’on a ces problèmes de santé publique comme Tchernobyl, le sang contaminé, l’hormone de croissance et la vache folle.

Bon, allez, stop ! Je fatigue et je dois me préparer pour aller à l’école. Je ne vois plus l’utilité de me former à mon âge, d’avoir un projet que je ne pourrai probablement pas mener à bien. D’un autre côté, tant qu’on peut il faut tenir. Esclaves de tout.

 Dimanche 4 heures du matin – Toujours ce réveil avec un long moment de tangages physique et cérébral. La formation difficile est un bon test : je me suis braquée dès le début en voulant tout comprendre et tout assimiler. Je comprends à 80% et assimile à 40% mais j’ai bien observé mes réactions ; ce n’est dû qu’en très faible partie à un état pathologique, le reste 1) à mon comportement d’intoxiquée workhoolic dont je ne peux pas me défaire depuis l’enfance  –à travailler avec un analyste si j’avais 25 ans de moins et 40  euros par séance à lui filer au black. 2) à l’usure normale de mon cerveau. Les autres aussi accusent le coup des 6 à 7 heures de cours quotidiens sur la même matière ; seul truc : ils récupèrent d’un jour sur l’autre, moi pas. Ce qui ne marche pas dans mon cerveau ce n’est pas la compréhension intellectuelle, ce sont les circuits de captage et les commandes de renvoi qui déconnent. Alors je ne comprends pas momentanément; c’est comme ma jambe et ma main, elles sont plus maladroites en crise mais quand tout va bien elles marchent « normalement » selon l’héritage de mon éducation qui n’est vraiment pas orientée vers le physique ni le manuel. Les quelques cours de poterie d’il y a deux ans avaient un peu aidé, mais je n’ai plus les moyens de les suivre.

Est-ce  bien utile que je fasse cette formation et la suivante dans une perspective de construction alors que je sais pertinemment que ma vie, avant d’être un légume, sera courte ? Il vaudrait mieux que je trouve un moyen de vivre plan plan….Ce qui est râlant c’est que quand je dis « je vais mettre mon appartement en viager », on me rétorque « trop jeune » ; je réponds que l’acquéreur n’attendra pas longtemps, et alors se dessine sur les visages une culpabilité, une peur… d’avoir à spéculer sur ma mort. Mais cela m’arrangerait que l’on « spécule » sur ma mort qui est aux portes, car les derniers moments je pourrais avoir une vie décente. Pour expliquer cela à des gens de culture latine !!!. Le marché anglo-saxon est bouché avec les conneries américaines en cours… Vais-je donc terminer dans la misère et laisser à mes héritiers indirects un appartement et des objets sur lesquels ils paieront plein de droits alors que ma mère et moi risquons de finir dans la misère ?

Il a raison Damasio : Descartes s’est planté  ! Ou alors c’était un fieffé filou. Sciences et raison pour se dégager des sens ! Il a codifié, institutionnalisé des rigidités morales et rationnelles « nous lobotomisant » ; du coup, l’on n’a perdu  tout un pan de la vie, l’instinct « animal », l’irrationnel etc. qui peut-être nous aiderait à voir derrière la caverne. Le livre de Damiano « à mettre entre toutes les mains mais pas n’importe lesquelles » comme le sous-entend mon  précepte indien préféré : « partage le savoir avec celui qui sait, laisse l’ignorant dans l’ignorance ».

Je voudrais avant de mourir arriver à voir un peu plus clair, peut-être cela suppose de revenir aux ténèbres originelles…

On est des robots manipulés, des esclaves d’un système conçu et tenu par un petit nombre. On se reproduit parce qu’on croit qu’on est le « roi de la création » et que la fonction humaine est de croître et multiplier. Je me suis eng…avec Si et d’autres : toutes les formes de vies régulent leur reproduction en fonction de leur environnement vital, toute forme de vie choisit de se reproduire ou non (l’humain  a acquis cela bien tard dans son évolution, et encore… ) et son heure de mort à partir du moment où elle sait que c’est foutu. Toute forme de vie pense, sauf nous qui avons prétentieusement basé notre devenir sur la croyance dans notre omniscience et omnipotence.  » Je pense donc je suis » ? Et si c’était tout le contraire. Bizarrement, tout ce qui est notre vérité, notre réalité semble être le contraire de la vie. En fait, la vie ce n’est que la mort. Si la lumière n’était qu’obscurité ?

Aujourd’hui, à quoi ça sert de me poser des défis, de vouloir construire, de rêver maintenant ? A me prouver que je vis ? Mais je ne vis pas, je suis comme tout humain née mutilée d’une partie de moi-même dès les premiers gestes « éducatifs » (dressage) ; d’ailleurs il paraît que le nouveau né a toutes les capacités en lui et qu’elles meurent en quelques heures, dès qu’il a respiré l’air humain le pauvre. Même si la vie n’est qu’illusion elle a pourtant de sacrés bons moments, si je ne peux pas voir de l’autre côté du rideau, autant profiter des artifices factices qui peuvent donner du plaisir factice.

Ce qui serait bien pour tous ce serait de mourir dans de bonnes conditions, quel que soit l’âge, mais vite, sans douleur, sans dégradations avant (Diana).

Le terminus de ma décrépitude je le vois, car je vois ma propre évolution dans paliers que je vis depuis quelques années et que les autres ne voient pas forcément sauf mon toubib et mon généraliste.  Ma vie est un porche (vie normale) au bout duquel il y a un escalier descendant : celui de la décrépitude ; la marche ou ligne horizontale représente mon état (son degré, sa durée), la contre-marche ou partie verticale mesure le domaine et l’étendue de la détérioration ; à chaque pas, la marche l’horizontale se raccourcit, la verticale s’allonge en plongeant ; je vais arriver à un point final. C’est le cours et la course de la maladie ; je crois que j’en suis à la phase ou l’état/durée et un peu plus court que la verticale, mais je sais que, quelle que soit la maladie, le processus s’accélérera dans des proportions inégales.

En ce moment, le traitement épileptique a fait disparaître les sensations de vécu, les acouphènes. Par contre, j’ai mes hallucinations visuelles, notamment les grosses masses noires mouvantes latérales et les pluies d’étoiles s’intensifient. En dehors des moments de forte concentration (pendant les cours notamment) il m’arrive de ne pas comprendre les sons et donc de lire mentalement les mots prononcés par d’autres ou que je lis. C’est un phénomène déjà ancien qui va et vient.  

 

(à suivre) La loi du silence in Heureux les orphelins stériles ©  Mireille Durand

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