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10 décembre 2017 – 14 h 13 min |

Hello Johnny !
D’où viens-tu Johnny !
D’une poignée de terre ? 
 Hello Johnny ! !l aura fallu attendre le lendemain de ses funérailles pour qu’une radio officielle ne soulève, certes légèrement et à reculons, un coin du …

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Plaisirs et découvertes d'une volumineuse bibliothèque familiale en plusieurs langues. Partage de textes curieux ou intéressants dont certains seront à vendre.

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Billet d'humeur sur le quotidien d'une vie. Où il sera question des plaisirs, découvertes et détestations, du mot et de l'image dans tous leurs états, des arts plastiques de la musique et de la nature. Sous Licence Creative commons

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Livre et vieux papiers de la bibliothèque familiale à vendre. Intéressants par leur contenu en plusieurs langues, Demandez, je saurais si j'ai ce que vous cherchez ; mais il faudra me laisser le temps de trier et trouver. Pseudo sur le bon coin : greniercurieux.

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Heureux les orphelins stériles

Heureux les orphelins stériles ! Une saga familiale inédite, à suivre en ligne sous forme de feuilleton. Site sous creative commons.

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Heureux les orphelins stériles : écrits d’ Elizabeth

Soumis par sur 19 novembre 2011 – 18 h 33 min
Elizabeth 3ème enfant de Caroline. Heureux les orphelins stériles

Elizabeth

  La Campagne  ce (illisible)    2010

 

 

Teddy Chéri,

Six jours que je suis là et déjà  je suffoque ! Il faut dire que dès que l’on pénètre dans la maison on est englouti par l’entassement, tant des objets, meubles et papiers que des souvenirs et des pensées désagréables sans cesse mouvantes qui s’imposent à la vue de ce chaos, sans possibilité de les chasser.

Notre mère est très mal ; j’ai demandé à Li d’avancer sa venue. Quant à toi, à l’évocation de ton nom le visage de notre mère s’est soudain détendu, elle a souri mais elle n’a pas prononcé un mot. Elle s’est d’ailleurs peu exprimé depuis mon arrivée sauf pour me parler confusément d’un problème de papier hygiénique…

J’ai un peu regardé les papiers qui trainaient ; ils révèlent les maux physiques et psychologiques terribles qu’elle a endurés ces dernières années et surtout une misère noire qu’elle nous a cachée, à nous comme à ses amis et voisins, avec une stratégie qui a dû lui demander beaucoup d’énergie et de courage. Dire qu’elle aurait pu vendre quelques uns de ses effets pour vivre décemment ! Nous aurions connu la réalité, nous l’y aurions poussée mais quand je venais elle faisait tout pour que je ne puisse pas une seconde imaginer sa situation matérielle réelle ; et ni Li ni toi n’avez deviné non plus cette souffrance.

J’ai trouvé son journal médical qu’elle a intitulé « la loi du silence », tout un programme ! Les examens, analyses, radio etc. remplissent le grand coffre de la salle à manger.

Elle se meurt mais de quoi ? J’ai rendu visite à son médecin, le bon vieux Dr D, qui « ne sait pas ». Maladie neuro-musculaire non étiquetée ? Quelle origine ? Pas d’idée ! Dès le début il a baissé les bras, ne savait pas, ne voyait pas quoi faire. Il est aujourd’hui complètement hors du coup, s’opposant au portable, au fax, à Internet, à la carte verte et aux publications spécialisées ; il n’a aucun contact personnel avec les spécialistes des CHU voisins, et de plus il a perdu le flair qui faisait de lui le roi du diagnostic. Il est vraiment hors du monde actuel se bornant aux maladies traditionnelles …Pourtant il n’est pas si âgé, Li avait failli l’épouser.…
Bref,  je comprends qu’elle ait périclité en restant dans cette médecine de papa ; mais aurait-elle été mieux diagnostiquée et soignée si elle avait été avec toi dans un pays où l’accès à la médecine est si coûteux, près de Li où la médecine est si éloignée de la nôtre ou avec moi qui l’aurais plus encore que ne l’a fait le Dr D., mise entre les mains de découpeurs ?

 Combien je rage des méfaits de son éducation : interdit de parler de ce qui ne va pas, d’exprimer un quelconque sentiment… Tu souviens-tu que lorsque nous étions enfants elle étouffait un éternuement parce que c’était incorrect d’éternuer ? L’as-tu un jour entendu te dire ou nous dire à nous les filles que nous étions belles, ou bien habillées ou qu’elle nous aimait ? Jamais ! Heureusement que tous trois nous avons rejeté ces préceptes !  Mais là, face à elle en train de mourir,  je retrouve ces rigidités d’éducation et je ne sais pas lui dire que je l’aime, alors je m’occupe, je m’active…. Cela ne sert à rien.

 Je t’embrasse mon frère adoré. Viens le plus vite possible.

Elizabeth

 P.S. il faut retrouver Poupon et l’avertir ; je te charge de cette mission avant ta venue ici où il n’y a que le téléphone, le facteur qui jette les lettres au bout de l’allée et les corbeaux qui croassent bien au dessus du toit. Si je trouve dans les papiers de Maman une adresse ou un élément tangible sur notre petit frère je t’envoie un télégramme (si cela existe encore).

 

 

 

 

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