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16 août 2017 – 16 h 38 min |

Vite ! à Montolieu (Aude) ! « Manifestement singulier », Pierre Bettencourt ! Et « L’Internationale des Visionnaires », ou les sens cachés de la représentation humaine dans les collections Cérès Franco et Daniel Cordier.
Deux expositions que je recommande …

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Départ des enfants et rôti de caïman (Caroline 3)

Soumis par sur 14 janvier 2012 – 7 h 00 min
Caroline dessin Mirieille Durand

 Caroline dessin Mirieille DurandCes derniers jours d’août

 

Hier j’ai expédié les enfants Teddy et Elizabeth par la malle qui les conduira…Où et quand ? Tout le plaisir est dans l’inconnu. Plaisir et possibilités. Dès que l’on sait, l’on borne, et ce n’est plus drôle.

C’est curieux, ces deux-là, je ne savais plus que je les avais ! Teddy c’est mon préféré, le premier ! Non ! Le second ! Le premier c’était Droma, un véritable chameau celui-là ; je ne sais pas où il est passé, il rode par là. Je n’ai que le portrait de son aïeul, il lui ressemblait beaucoup dans sa jeunesse…Où est-il ? Que fait-il ?

 Teddy, allez ! je vais dire : mon premier, je l’adore malgré son air toujours inquiet. Etrange que je l’aie toujours habillé d’un chemisier en broderie anglaise et d’une jolie robe qui fut à moi. Hier, il avait l’air vraiment attristé. 

 Li, la deuxième, a toujours eu une personnalité de maîtresse femme, même enfant. Ferme, solide et froide, lèvres pincées, petites nattes en macaron, son éternelle tunique et ses sandales rouges… Elle ne change pas, elle ne vieillit pas, c’est le côté asiatique.  Li a une particularité : c’est une femme serpent, elle est d’une souplesse inimaginable qui la fait se glisser dans le moindre recoin. Depuis quelques années -décennies même- elle est partie retrouver ses demi-sœurs et a fait quelques enfants, tous plus beaux les uns que les autres. C’est la seule qui m’ait fait des petits enfants.

Quant à la « princesse aux pieds nus », toujours aussi belle, un port de reine, gracieuse quoi qu’elle porte, car elle en a des fringues…! Et pas n’importe quoi ! Celles qu’elle aime le moins ce sont celles que j’ai moi-même coupées et cousues ; la coupe est bien mais la couture !!! Pourtant Joëlle me guidait à l’époque, la reine du ciseau et de l’aiguille (et du crayon et du pinceau et de la photo depuis…)

 Aussi le petit dernier, Poupon ; il y a longtemps qu’il a disparu, sans bruit. Je n’ose croire les racontars qui me sont arrivés aux oreilles…Il est mort, m’a-t-on également assuré. Ce doit être cela : il est mort.

Donc, bye bye  les enfants ! Les grands…pff !!! partis,  expédies plutôt car sans moi ils ne seraient pas partis, il ne me reste que peu de temps à moi…
Les émotions, agréables ou douloureuses, ont toujours une résonance sur mon estomac ; du coup, ce matin, je me fais un poulet à la recette du caïman de papa :  «Rôti de crocodile accompagné de  patate douce :  ficeler, à feu doux en cocotte, son eau et sa graisse lui suffisent (on met à peine un petit peu d’eau). On met pas mal d’ail. Cuire longtemps à petit feu. »

 Je livre la recette, on ne garde pas ces secrets dans une famille qui adore manger et partager ce plaisir. En plus, j’ai un rapport un peu fort avec la nourriture ayant terriblement  manqué dans le ventre de ma mère, au point que je suis restée trois mois à mon poids de naissance, c’est à-dire à1,280 kg à terme. Cela ne fait pas un gros rôti de caïman surtout si vous enlevez l’abondante chevelure dont j’étais dotée  –une horreur sans doute que ce nouveau né, mais rapidement on m’a répété que j’avais de beaux cheveux…Cela console.

Cela dit, je n’aime pas le caïman ni le crocodile, pas plus vivant que  mort ; c’est immangeable et, je crois, très toxique pour les bipèdes urbains. Réflexion qui mérite d’être prise en compte car venant de quelqu’un qui a une grande ouverture d’esprit et de gosier dans ce domaine…

 Surveillance de la cuisson du poulet : parfait ! Dégustation : du « poulet à la caïman » même sans patate douce : délicieux !

 Il faut préciser que c’était un poulet royal : il a vécu de nombreuses années, libre de ses mouvements, dormant sur les branches de fruitiers de son choix, se nourrissant de vers et de graines de la nature. Bon, d’accord ! Ce n’était pas un coq mais un poulet, mais premièrement il ne le savait pas, deuxio, s’il l’a su par hasard, il n’a jamais pu faire la différence.

 Pour en finir avec le rôti de caïman, dans la famille on n’est pas bégueule et on est bien élevé ; si l’on nous offre un rôti de caïman, on le mange ; même moi qui déteste cela, je ne le montre pas. C’est que l’on apprécie l’hospitalité et la générosité alimentaires, un reste sans doute de générations antérieures à découvrir. Cela dit, un bon rôti de caïman n’est-ce pas meilleur qu’un poulet « prêt à cuire » et peut être même moins toxique ? Je n’en ai jamais servi à mes amis, j’évite toujours d’en prévoir pour mes réceptions. Ce n’est pas vrai d’autres mets tout aussi déroutants.
Mais au fait, le poulet qu’est ce que vous mangez, vous du poulet ? Les cuisses, éventuellement l’entrecuisse et les blancs ? Et le croupion ? Et le cou ? Et les crêtes ? Et la cervelle. Et les joues ? Je suis sûre que vous mettez tout à la poubelle, sots que vous êtes. Je vais vous ressortir une recette de crêtes de poulet à en tomber raide tellement c’est bon. Un rien gélatineux un goût subtil que ne ressemble qu’à des crêtes d’autres volatiles… Et les pattes de poulet ? En soupe ! Les chinois en font de délicieuses. Pas grand-chose à « manger » surtout quand ils avaient des poulets coureurs. Maintenant qu’ils ont du passer au modernisme de la batterie, autant boycotter ces pauvres poulets de 30 jours et se forcer au ragoût de saurien (je crois que le caïman est plus petit, plus agile et donc que sa chair est meilleure que celle du croco qui est plutôt casanier, bouffe plus faisandé et se laisse pas mal « patapouffer » durant son assez longue vie. Les rares fois où j’ai mangé de ces animaux-là c’était gras et dégueulasse comme le poulet qui avait le goût de poisson dans les années 50 en France ou celui d’aujourd’hui dont la chair se met en charpie au moindre mouvement du plat. Enfin, je ne voudrais dégoûter personne.)

Aujourd’hui j’ai eu la chance de manger du vrai poulet d’antan, du type de ceux des tropiques, ou du « cul de Bob » français, comme on dit dans les Mascareignes. Et probablement je n’en mangerai plus du « comme cela » avant ma mort.  Pour en finir une fois pour toute avec le rôti de Caïman, je précise que c’était une recette du Congo de la forêt. En Asie, je n’ai pas le souvenir d’en avoir mangé. Et ce n’est pas cité dans « les huit mets précieux », accommodés en » plats seigneuriaux » du Viet Nam ou de Chine anciens. Il y avait le hachis de paon, le pâté de phénix, la peau de rhinocéros, la main d’ours, le tendon de cerf, la lèvre d’orang outang, la plante de pied d’éléphant et les nids d’hirondelles et moins prestigieux mais très recherchés : les ailerons de requins, les abalones, les pieds de canard désossés, le cochon de lait…Thài vàn Kiêm en parle savamment dans un bulletin de la « société scientifique  indochinoise »

Finalement, c’est très bien d’expédier ses enfants quels qu’ils soient et n’importe où : on retrouve le goût de cuisiner.

(à suivre) in Heureux les orphelins stériles, © Mireille Durand

 

Teddy de mireille né à Mainz

Teddy

            

Li fille aînée de Caroline

Li

 

Elizabteh

Elizabeth

          

Poupon

Poupon

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